Un détecteur de micros espions du mégahertz au gigahertz



Voici un récepteur à large bande, très sensible, pouvant détecter les rayonnements radioélectriques du mégahertz au gigahertz. S’il est intéressant pour localiser des émetteurs dans les gammes CB ou UHF, il est tout particulièrement utile pour "désinfester" les bureaux ou la maison en cas de doute sur la présence de micros espions.

Il vous est probablement arrivé de raconter une certaine chose confidentielle à l’un de vos amis les plus fidèles et d’en entendre ensuite le récit répété par d’autres personnes… Ou encore, de vous voir devancé devant une prise de décision importante sur une situation que vous étiez normalement le seul à connaître, d’ordre commercial ou financier, par exemple, qui, mise en place à l’insu de tous, vous aurait à coup sûr donné l’avantage sur votre concurrence.

On dirait qu’on m’écoute !
Dans de pareils cas, vous vous êtes peut-être posé la question pour savoir comment cela avait pu se passer ou qu’est-ce qui avait pu vous trahir.
Certain de ne pas avoir été trahi ni par votre ami ni par vos collaborateurs, l’idée a alors commencé à germer dans votre tête que vous pourriez peut-être être surveillé ou épié.
Toutes sortes de doutes se sont alors installés dans votre esprit… Et puis un jour, puisqu’après une première fuite il y en a eu une deuxième et puis d’autres encore, les doutes sont devenus certitude : quelqu’un a installé un micro espion à votre proximité.

Comment chercher le micro espion ?
Pour vous débarrasser de cette obsédante idée, vous avez regardé sous votre bureau, derrière les armoires et derrière le calendrier… sans rien trouver.
Mais vous n’avez probablement pas pensé à regarder sous le tapis, sous la moquette, dans les prises électriques ou dans le plafonnier…
Ne parlons pas de l’air que vous auriez eu si quelqu’un, entrant dans votre bureau, vous avait vu chercher dans une telle posture !
C’est alors que vous vous êtes dit que chercher un micro espion dans un bureau, dissimulé derrière un quelconque dossier, dans le faux plafond ou ailleurs, c’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin.
D’ailleurs, comment être sûr qu’un micro espion découvert et détruit aujourd’hui ne sera pas remplacé par un autre demain, à un autre endroit, vous obligeant à recommencer votre recherche en permanence ?

La solution est électronique
Non. Chercher de cette façon n’a vraiment aucun sens, car il y a mieux, dans la mesure où, vous aussi, vous faites appel à l’électronique.
Car l’électronique qui vous dérange, peut aussi vous protéger. Celle qui est une arme d’attaque entre les mains de vos ennemis est aussi une arme de défense entre les vôtres.
De tels appareils existent depuis déjà un certain temps et représentent la panoplie de base de tout détective.
Ils se chargent non seulement de désinfester les bureaux, mais aussi les maisons et les appartements où il serait encore plus difficile de dénicher un micro espion, sans qu’il soit nécessaire de fouiller sous le lit ou sous la table de la salle à manger, derrière la télé ou sous le téléphone…
Ces appareils s’appellent "détecteurs de micros espions" ou "bug detectors" en américain.
Il suffit d’en allumer un et de voir comment se comporte l’aiguille du galvanomètre qui lui est associé. Si l’aiguille dévie, c’est l’indication qu’un émetteur est allumé quelque part.

Voir et écouter
L’appareil que nous vous proposons, bien que pouvant servir à autre chose comme nous l’avons dit dans l’introduction, est avant tout un détecteur de micros espions.
C’est pourquoi, en plus d’un indicateur sonore (buzzer), il est pourvu d’un vumètre à aiguille dont les mouvements donnent une première indication sur l’intensité du signal reçu. En effet, il faut savoir que si l’oeil et l’oreille sont de bons alliés, l’oeil a l’avantage d’être le plus sensible, en ce sens qu’il se laisse moins facilement tromper que l’oreille. A titre d’exemple : alors qu’une aberration sonore de 5 pour cent peut passer inaperçue à l’oreille, une aberration optique de la même importance ne passe pas inaperçue à l’oeil.
Bien que le buzzer émette une note dont la fréquence varie en fonction du champ HF capté par l’antenne, c’est l’aiguille du vu-mètre qui fournit des indications plus facilement appréciables : ce sont les petites déviations de son aiguille qui permettent de dénicher l’émetteur caché.

Une méthode simple et sans faille
Une fois qu’on a détecté la présence d’un champ électromagnétique, et après avoir éteint tous les appareils connus susceptibles d’engendrer de la haute fréquence (téléphones mobiles, récepteurs ou émetteurs radio), il ne reste plus qu’à se déplacer dans tous les sens, les oreilles attentives au son émis par le buzzer et les yeux rivés sur l’aiguille du vu-mètre, jusqu’à trouver la direction en correspondance de laquelle on détecte le maximum d’intensité.
Puis, en se dirigeant dans cette direction, toujours en se laissant guider à la fois par le son et par les mouvements de l’aiguille du vu-mètre, on finit par circonscrire une zone, et c’est là qu’il faut chercher la "punaise" (vous l’avez compris : l’émetteur espion).
S’agissant d’un détecteur de micros espions basé sur la quantification d’un champ électromagnétique, il convient de préciser que notre appareil est inapte à détecter la présence de micros téléphoniques (genre "Infinity") le plus souvent cachés à l’intérieur des combinés téléphoniques, ou des microphones directionnels ou laser.
Néanmoins, considérant son utilisation à hauteur d’un espionnage à sophistication déjà élevée mais ne prétendant pas déjouer des systèmes à sophistication poussée à l’extrême, ce genre de détecteur peut être considéré comme une arme de défense infaillible.
En effet, d’une manière générale, on sait que les systèmes les plus couramment utilisés pour intercepter, hors d’un bureau ou d’une pièce, le son d’une voix ou parfois même des images, se basent sur l’émission radio.
Ce qui revient à dire que si un test avec ce détecteur ne révèle rien, on peut être sûr que dans la pièce incriminée il n’y a aucun émetteur caché.
Par conséquent, si pour votre profession ou parce que vous êtes poussé par des besoins momentanés, vous vouliez ou deviez vous assurer que dans votre maison, dans votre bureau, chez vous ou chez l’un de vos amis ou de vos clients il n’y a aucun micro espion installé, notre montage représente la solution idéale.

Analyse du schéma

Figure 1 : Schéma électrique du détecteur de micros espions.

Il s’agit d’un appareil économique et facile à réaliser. En effet, ainsi qu’on peut le voir en examinant le schéma de la figure 1, il est simple, ramassé, pour l’essentiel, autour d’un circuit intégré LM324 quadruple ampli opérationnel.
D’une manière générale, un détecteur de micros espions doit pouvoir localiser des émetteurs opérant dans une très ample étendue de fréquences, allant de quelques mégahertz jusqu’aux gigahertz.
Il s’agit donc d’un récepteur à large bande. Pour mieux comprendre comment il fonctionne, analysons le schéma par étage par étage.
Le premier étage, celui auquel est reliée l’antenne, est un amplificateur/détecteur. Le deuxième étage est un amplificateur, de type différentiel, comportant un filtre. Le troisième étage est un oscillateur modulé en fréquence. Le dernier étage se compose d’un avertisseur acoustique à note modulée.
Les ondes radio, captées au moyen d’une courte antenne et converties en signal électrique, passent, via C6, sur la base du transistor T1.
Les diodes D2 et D3 servent à limiter les crêtes du signal entrant et à ramener celui-ci entre +0,6 volt et –0,6 volt afin d’éviter de saturer le transistor d’entrée si l’on s’approchait trop près d’un émetteur puissant.
Ces diodes, appelées à travailler à des fréquences de plusieurs centaines de MHz, sont nécessairement des modèles rapides. Il ne faut surtout pas les remplacer par des modèles à commutation lente, car ce deuxième type de diodes, avec leur grande capacité interne, abaisserait à tel point la sensibilité d’entrée du détecteur qu’elle en serait réduite à des valeurs inacceptables.
T1 amplifie le signal HF reçu, juste à la valeur qu’il faut pour procéder à la détection. Celle-ci est opérée par la diode D1, elle aussi du type à commutation rapide. La détection s’effectue en redressant le signal en simple alternance.
Un filtre de type RC, constitué par la résistance R5 et le condensateur C3, permet d’extraire le signal BF.
Le principe de la détection est basé sur la propriété qu’ont les diodes de ne laisser passer le courant qu’en un seul sens. Autrement dit, en fonction de la tension variable se trouvant au pied de l’antenne de réception, on trouve, aux bornes de la résistance R5, des impulsions unidirectionnelles dont l’amplitude est directement proportionnelle à la force du signal modulant. Ce dernier peut être soit un signal analogique (ce qui est le cas lorsqu’on a affaire à un émetteur radio, à un micro espion, à un talkie-walkie, etc.) soit un signal digital (émetteurs de télécommande, modem-paket, etc.).
Le condensateur C3 se charge avec ces impulsions unidirectionnelles, tandis que la résistance R5 le décharge aussitôt.
Aux bornes de cette résistance R5, on trouve ainsi un signal dont l’enveloppe représente une assez bonne réplique de la tension qui a servi à moduler le signal HF transmis.
Dans le cas d’un appareil audio, le signal qui en est extrait représente les voix ou les sons transmis, tandis que s’il s’agit d’informations digitales, il en sort des impulsions dont la forme, à vrai dire, est rarement aussi parfaitement carrée que l’on croit.
L’étage suivant est un amplificateur opérationnel (U1A) qui reçoit le signal détecté, via la résistance R3, et l’amplifie selon un rapport déterminé par le réseau de contre-réaction négative formé par les résistances R1 et R2.
Cependant il convient de remarquer que l’amplificateur opérationnel reçoit aussi, sur la patte 2, le même signal HF élaboré par le premier étage mais non encore détecté. De ce fait U1A se trouve configuré en amplificateur différentiel dont la fonction est double : d’une part, amplifier comme il se doit (environ 200 fois, étant donné que les signaux captés par l’antenne ne mesurent que seulement une dizaine, voire une centaine de microvolts) la partie du signal détecté par D1 et, d’autre part, améliorer la qualité de la détection simple alternance.
Une fois amplifié, le signal BF est débarrassé de la composante HF restante par les condensateurs C1 et C2 avant d’atteindre l’entrée d’un autre étage amplificateur différentiel, à savoir l’ampli opérationnel U1B.
Remarquez que la patte 1 de cet ampli, en plus d’être reliée à l’entrée de l’ampli opérationnel suivant (U1C), est aussi reliée à un petit galvanomètre à aiguille (vumètre).
Celui-ci, branché avec une résistance en série (R20) dont le rôle est de limiter le courant à quelques centaines de microampères et d’éviter que l’aiguille de l’appareil ne dévie par trop fortement vers la gauche du cadran, est alimentépar le signal détecté présent à la sortie de l’amplificateur. De ce fait, il devient un indicateur visuel de l’intensité du signal radio reçu. Et même plus, car les déviations de son aiguille, non seulement fournissent une indication sur l’intensité du champ et donc sur la force de l’émission, mais donnent aussi une certaine idée quant à la modulation.
Le deuxième étage différentiel (U1B) fait partie d’un oscillateur modulable commandé par la tension sortant du récepteur.
Au repos, c’est-à-dire en l’absence d’un quelconque signal HF, cet oscillateur produit une note fixe dont la fréquence est d’environ 800 Hz.
Cette note, amplifiée par le transistor T2, excite le buzzer BZ1 qui la rend audible.
Lorsque l’on se trouve en présence d’un signal radio, la tension sortant de la patte 1 de l’ampli opérationnel modifie proportionnellement la hauteur de la note.
De ce fait, selon que la note devient plus ou moins aiguë, l’utilisateur est informé de l’importance du champ HF environnant. Plus la note monte en fréquence, plus le champ radioélectrique environnant est fort.
Inversement, plus le champ est faible, plus la note descend en fréquence, pour atteindre la fréquence de repos. Ce qui veut dire que l’on est en train de s’éloigner de la source HF.
L’oscillateur modulé, constitué par les amplificateurs U1B et U1C (deux parmi les quatre amplificateurs opérationnels se trouvant dans le circuit intégré U1), produit un signal carré dont le fonctionnement exploite les cycles de charge/ décharge du condensateur C8.
Sous l’effet de la porteuse HF captée par l’antenne, le premier de ces deux amplificateurs opérationnels, configuré en amplificateur différentiel, reçoit deux tensions variant lentement :
la première correspondant au signal démodulé qui atteint la patte 13 au moyen de la seule résistance R18, tandis que la deuxième, celle qui atteint la patte 12, est le même signal mais cette fois-ci atténué par le pont diviseur R16/R17.
La même chose se produit au repos, lorsqu’en l’absence de tout signal BF le seul potentiel de polarisation est celui que le répartiteur de tension R4/R5 impose à l’ampli U1A.
Cette façon particulièrement étudiée de faire interagir les deux entrées de l’ampli opérationnel l’une sur l’autre fait, qu’au début, celui-ci tend à avoir la sortie au niveau bas, étant donné que le potentiel présent sur l’entrée inverseuse prévaut sur le potentiel présent sur l’entrée non inverseuse.
De ce fait, le condensateur C8 se charge, et la tension de sortie sur la patte 14 baisse progressivement, jusqu’à atteindre le seuil inférieur.
Dès lors, l’ampli opérationnel configuré comme comparateur à fenêtre se déclenche. Sa patte 8 passe de 0 volt à l’état haut, ce qui ferme à la masse la résistance R21, provoquant ainsi la saturation du transistor T3.
Cette situation provoque un brutal abaissement de la tension sur la patte 13 et, par conséquent, les niveaux s’inversent.
Alors, c’est le potentiel présent sur l’entrée non inverseuse qui prévaut sur celui présent sur l’entrée inverseuse et ce différentiel de tension fait remonter le niveau de la tension de sortie, forçant la charge de C8 avec polarités inversées, c’est-à-dire avec le positif du côté de la sortie (patte 14).
Toutefois, la tension ne monte pas indéfiniment, car lorsqu’elle atteint le seuil supérieur, c’est-à-dire le seuil maximal fixé par le comparateur à fenêtre U1C, celui-ci commute à nouveau et remet à 0 la tension sur la patte 8.
La résistance R21 voit aussitôt ce changement de potentiel et porte le transistor T3 en interdiction.
La tension sur la patte 13 peut ainsi recommencer à monter et dépasser celle présente sur la patte 12.
De ce fait, la sortie de U1B recommence à tendre vers zéro, et ainsi de suite. Dès lors, un phénomène cyclique prend naissance, qui engendre un signal en dents de scie sur la patte 14 de U1B et un signal rectangulaire sur la sortie de U1C (patte 8).
Le buffer qui suit (U1D) configuré en amplificateur non inverseur avec gain unitaire, amplifie en courant les impulsions rectangulaires et les envoie, via le condensateur chimique C8, sur la base du transistor T2 qui joue le rôle d’amplificateur, avant d’attaquer la pastille piézo du buzzer BZ1. Ce dernier peut ainsi émettre une note audible.
La portion de signal BF ramenée sur l’entrée non inverseuse de U1B provoque la modification du potentiel de départ de chaque rampe. De ce fait, elle accélère la variation de la tension aux bornes de C8, ce qui détermine une anticipation de la commutation du comparateur à fenêtre U1C et se traduit par une augmentation progressive de la fréquence d’oscillation de tout l’ensemble.
A l’inverse, plus la tension du signal BF détecté diminue, plus la fréquence engendrée par l’oscillateur modulé diminue aussi, du fait que le potentiel de départ de la rampe baisse un peu à la fois et qu’il faut chaque fois un temps légèrement plus long pour faire commuter U1C.

Figure 2 : Schéma d’implantation des composants du détecteur de micros espions.

Figure 3 : Photo d’un des prototypes de notre détecteur de micros espions.

Figure 4 : Dessin, à l’échelle 1, du circuit imprimé nécessaire à la réalisation.

Liste des composants
R1 = 1 MΩ
R2 = 4,7 kΩ
R3 = 1 kΩ
R4 = 4,7 kΩ
R5 = 1,5 kΩ
R6 = 470 Ω
R7 = 22 Ω
R8 = 39 kΩ
R9 = 100 kΩ
R10 = 10 kΩ
R11 = 100 kΩ
R12 = 10 kΩ
R13 = 1 kΩ
R14 = 10 kΩ
R15 = 10 kΩ
R16 = 47 kΩ
R17 = 1,8 kΩ
R18 = 100 kΩ
R19 = 10 kΩ
R20 = 47 kΩ
R21 = 47 kΩ
C1 à C5 = 10 nF multicouche
C6 = 47 pF céramique
C7 = 2,2 μF 16 V électrolytique
C8 = 10 nF multicouche
C9 = 100 μF 16 V électrolytique
D1 = Diode BAT85
D2 = Diode 1N4148
D3 = Diode 1N4148
D4 = Diode 1N4007
U1 = Intégré LM324
T1 = NPN BFR93 CMS SOT23
T2 = NPN BC547
T3 = NPN BC547
BZ1 = Buzzer sans électronique
S1 = Interrupteur

Divers :
1 Bornier 2 pôles
1 Support 2 x 7 broches
1 Antenne téléscopique
1 Clip pour batterie 9 V
1 Boîtier Teko ou équ.
4 Entretoises plastiques adhésives
1 Circuit imprimé réf. S370


Figure 5 : Brochage vu de dessus, fortement agrandi, du transistor BFR93A en version CMS. Les inscriptions figurant sur son corps doivent être tournées vers le haut et rester visibles.

Figure 6 : Principales caractéristiques techniques du transistor BFR93A.

Figure 7 : Pour rendre apte notre détecteur à fonctionner sur une très large bande et à pouvoir ainsi détecter des sources HF allant du mégahertz jusqu’au gigahertz, nous avons utilisé, dans le circuit d’entrée, un transistor spécialement étudié pour les très hautes fréquences. Il s’agit d’un BFR93A, un NPN sorti des usines Philips, version CMS. Ce type de transistor peut monter jusqu’à 6 GHz et, comme la plupart de ses “confrères” de petite puissance étudiés pour être employés dans le domaine des très hautes fréquences, il travaille sous de faibles tensions d’alimentation et son niveau de bruit est de 1,9 dB seulement. Dans notre schéma il est branché en émetteur commun, configuration assez classique pour les étages d’entrée. Ce composant est à manier avec soin. Il faut éviter de trop le chauffer lors des soudures.

Mode d’emploi du détecteur
De la façon dont il a été conçu, ce détecteur est capable de signaler la présence de toutes sortes de micros espions, y compris ceux de faible puissance.
Cependant, nombreux sont les facteurs qui en déterminent l’efficacité (l’antenne, l’endroit auquel le micro espion est caché, etc.).
Son utilisation est très simple. Une fois mis sous tension, en l’absence de tout signal HF, le buzzer émet une note fixe dont la fréquence avoisine 800 Hz.
Dans ces conditions, l’aiguille du vu-mètre doit rester immobile, soit complètement sur la position zéro, soit à son proche voisinage. Si, en déplaçant le détecteur dans toutes les directions, on en trouve une sur laquelle on entend une variation de tonalité, c’est vers cette direction qu’il faut se diriger car, sur son axe, il y a bel et bien un émetteur allumé.
Avant de procéder à une telle manoeuvre, il faut évidemment avoir éteint tous les appareils susceptibles d’émettre un champ électromagnétique (téléphones portables, capteurs radio, télécommandes, etc.). Dès lors que vous constatez une variation de tonalité dans le son du buzzer et des mouvements sur l’aiguille du vu-mètre, vous devez redoubler de vigilance.
En vous laissant guider à la fois par le son et par les indications de l’aiguille du vu-mètre, vous devriez arriver à circonscrire la zone suspecte et à dénicher le micro espion (que les gens du métier, dans leur jargon, appellent "punaise").
Comme certains micros espions sont du type à commande vocale, c’est-à-dire qu’ils n’émettent qu’en présence d’un son, il est bon de faire du bruit pendant la phase des recherches.


Figure 8a.

Figure 8b.

Figure 8 : Notre prototype a été logé dans un boîtier en plastique dans lequel nous avons aménagé les ouvertures nécessaires au vu-mètre, à l’interrupteur marche/ arrêt et à l’antenne (figure 8a).
Celle-ci dépendra des disponibilités. Si vous ne trouvez pas une antenne télescopique comme celle que nous avons utilisée (figure 8b), vous pouvez recourir à un banal morceau de fil de cuivre émaillé de 16/10 long d’environ 20 centimètres.
Idéalement, pour capter les micros espions opérant en bande FM, l’antenne devrait mesurer 75 centimètres. Tandis que pour capter ceux opérant dans les bandes UHF aux fréquences de 400 MHz et au-delà, il faudrait utiliser une antenne plus courte, d’environ 20 à 25 centimètres.
Avec une antenne de cette longueur on peut néanmoins explorer toute la gamme jusqu’à 1 GHz. L’avantage de l’antenne télescopique est tout de même évident car on peut l’allonger ou la raccourcir en fonction de ce que l’on recherche.


La réalisation pratique
Précisons d’emblée que ce détecteur est un appareil spécifiquement portable.
Tenu dans la main et promené dans tous les coins d’une pièce, il supporterait mal d’être attaché à un câble raccordé à une prise murale ! Par ailleurs, son utilisation est occasionnelle et la consommation en courant limitée à une vingtaine de milliampères.
C’est pourquoi son alimentation se fait exclusivement au moyen d’une pile de 9 volts à contacts pression, conformément aux prescriptions du schéma (voir "BATT").
Il est de bonne règle d’utiliser, lors du branchement, un fil rouge pour la ligne du "+" et un fil noir pour celle du "–".
Cela a l’avantage d’éviter toutes les ambiguïtés et d’avoir à se poser des questions par la suite.
Une fois en possession du circuit imprimé, dont le dessin à l’échelle 1 est donné à la figure 4, montez en premier lieu les résistances et les diodes.
Pour ces dernières il faut veiller au respect des polarités. Pour que ce soit plus simple et facile, nous vous conseillons de vous référer au schéma d’implantation des composants de la figure 2.
Montez ensuite le support 2 x 7 pattes destiné à recevoir le circuit intégré LM324 et qu’il convient d’orienter correctement dès le départ pour ne pas se tromper de sens lors de l’insertion du circuit.
Puis montez les deux condensateurs chimiques en faisant, là aussi, attention aux polarités.
Ensuite, mettez en place les transistors.
Il y en a trois, mais l’un d’entre eux mérite une attention toute particulière.
Il s’agit de T1 (figure 5) en version CMS (composant monté en surface). L’essentiel de ses caractéristiques techniques sont résumées en figure 6.
Pour ceux d’entre vous qui ne le sauraient pas encore, contrairement à ce qui se fait avec les composants classiques pour lesquels des trous sont prévus sur le circuit imprimé, pour les CMS il n’y a pas de trous percés car ils n’ont pas de pattes à proprement parler.
Les CMS se posent à l’aide d’une pince brucelles (ou d’une pince à épiler à pointes fines) sur les minuscules pastilles (non percées) prévues sur le circuit imprimé et se soudent côté pistes (voir détail agrandi à la figure 7).
Sur le corps du CMS, à l’aide d’une loupe, on peut lire des références.
Le transistor doit être placé de telle sorte qu’après avoir été soudé, ses références restent apparentes.
Le collecteur correspond à l’électrode du milieu (figure 5).
Lorsque ce sera le tour de ce transistor, vous ne souderez pas les trois électrodes à la suite, mais vous laisserez refroidir chaque soudure avant de passer à la suivante. Utilisez, pour cela, un fer à souder à panne très fine, d’une puissance ne dépassant pas 30 watts.
Faites fondre l’étain directement sur les contacts à souder et évitez de les chauffer trop longtemps. Vous ne devriez maintenir le fer à souder sur le transistor que seulement 3 à 4 secondes au maximum.
Après vous être occupé des transistors, insérez et soudez le buzzer BZ1.
Celui-ci est un transducteur piézo-électrique ordinaire, dépourvu d’oscillateur.
Mettez en place les borniers à deux pôles destinés à connecter, l’un l’interrupteur marche/arrêt et l’autre le vumètre.
Ce dernier sera un modèle de 200 à 300 microampères à fond d’échelle. Attention à son sens de branchement car il possède des polarités "+" et "–" qu’il faut absolument respecter. Référez-vous encore au schéma d’implantation des composants et aux indications figurant sur le vu-mètre.
Le tout peut se loger dans un petit boîtier plastique.
L’antenne sera en fonction des disponibilités.
Si vous ne disposez pas d’une antenne télescopique comme celle que nous avons utilisée dans notre prototype (figure 8), vous pouvez utiliser un banal morceau de fil de cuivre émaillé rigide (16/10), long d’environ 20 centimètres que vous raccorderez directement au circuit imprimé, à travers un trou dans le boîtier.
Une fois le montage terminé, vérifié et mis en boîte, mettez le circuit sous tension. Il n’y a absolument aucun réglage à effectuer.
Le détecteur est prêt à fonctionner tout de suite. Si vous disposez d’une source générant de la HF, vous pourrez immédiatement constater le fonctionnement de votre détecteur de micros espions.

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