Un détecteur de faux Euro (€uro) “Money Detector”

Tout le monde a entendu parler de ces petits malins qui, dès les premiers jours de la mise en circulation de l’euro, avaient déjà écoulé, avant de se faire prendre, de fort ressemblantes photocopies de la nouvelle monnaie européenne. Les nouveaux billets de banque, désormais utilisés par presque 300 millions de personnes, disposent pourtant de systèmes anti-contrefaçon sophistiqués, certains visibles ou sensibles au toucher, d’autres moins évidents. Ce montage propose de construire un appareil simple, utilisant une source infrarouge, pour confirmer l’authenticité des billets et détecter les faux.





Depuis le 17 février, l’euro a remplacé le franc français, comme bien d’autres monnaies (voir figure 2). L’Euroland, c’est maintenant 290 millions d’utilisateurs de la nouvelle monnaie européenne, volens nolens, qu’ils le veuillent ou non.

Comme nul ne connaît encore parfaitement l’aspect des nouveaux billets, les faussaires, sans aucun doute, tenteront d’en profiter et mettront en circulation un grand nombre de billets contrefaits.

Les pouvoirs publics européens en sont d’ailleurs bien conscients puisqu’ils ont organisé une coordination communautaire pour lutter de conserve contre ces faussaires : l’Europol disposera d’une banque de données européenne des faussaires contenant aussi bien les informations personnelles des criminels capables de constituer un danger dans ce domaine que les caractéristiques techniques des monnaies qu’ils ont déjà contrefaites. A cette base s’ajouteront, à terme, les données relatives aux nouveaux faussaires et celles concernant les nouvelles techniques de contrefaçon appliquées à la nouvelle monnaie. Ces données seront ensuite disponibles pour les forces de police nationales et en particulier pour le service chargé de lutter contre les faux-monnayeurs.

L’engagement des administrations européenne et nationales dans la lutte contre les faussaires semble tout à fait conséquent mais il serait moins efficace sans la collaboration des citoyens honnêtes ou des commerçants qui, lorsqu’ils écopent d’un faux billet, ont le devoir de le remettre à l’autorité compétente (Banque de France, etc.).

Mais pour cela encore faut-il pouvoir reconnaître ces faux euro, c’est-à-dire bien connaître les vrais pour pouvoir comparer. Les caractéristiques de sécurité des nouveaux billets sont le fruit de l’expérience des divers instituts d’émission européens et par conséquent les nouveaux billets mettent en oeuvre des procédés déjà présents dans les anciens (papier en fibre de coton, fibre fluorescente, filigrane, micro-écriture et fil de sécurité), procédés encore affinés par l’effet de synergie dû à la coopération desdits instituts et donc difficilement reproductibles.

Pour reconnaître les vrais euro, les distinguer des faux, le système le plus simple (et recommandé par les services de répression) est celui de la comparaison directe entre deux exemplaires avec une attention maximale accordée aux particularités réputées (pour chaque valeur de billet, voir figure 3) : en effet, le type et la qualité de l’impression et des matériaux mis en oeuvre ainsi que les instruments particuliers utilisés par les instituts d’émission, rendent presque impossible la parfaite reproduction du billet dans tous ses détails par le faussaire. Il faut donc comparer les dimensions, les couleurs et la netteté des dessins.

Parmi les appareils utilisables, il y a la fameuse lampe de Wood, dont les professionnels sont déjà dotés : elle rend fluorescentes certaines parties du faux billet. On trouve également la loupe d’agrandissement servant à vérifier la caractéristique du trait imprimé sur le billet : elle permet de voir si l’imprimeur s’est servi de la machine à imprimer chalcographique*, caractéristique du billet authentique, produisant un trait d’une netteté remarquable et une couleur très pure, ou bien d’un autre système (offset, photocopieuse couleur ou imprimante à jet d’encre) pour lequel l’agrandissement met en évidence les quatre couleurs fondamentales de la décomposition de la lumière.



*Note : du grec chalcos, cuivre, méthode d’impression par plaque de cuivre gravée permettant d’imprimer en relief.








Figure 1 : L’histoire de l’€uro.

Dates importantes :

Février 1992 Confirmation à Maastricht du Traité instituant l’Union monétaire européenne.

Mai 1998 Sont admis dans l’Union onze pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays Bas et Portugal) auxquels viendra s’ajouter la Grèce.

Décembre 1998 Les rapports de conversion des douze monnaies dans la nouvelle monnaie commune sont fixés.

Janvier 1999 Naissance de la nouvelle monnaie commune : l’euro. Le système des Banques centrales européennes aboutit à la BCE, Banque centrale européenne, dont le siège est à Francfort. Les monnaies nationales restent en usage exclusif en attendant le choix des modèles (ou ébauches), la production et la distribution de la nouvelle monnaie.

Janvier 2002 Début de la circulation de la nouvelle monnaie et du retrait des anciennes.

Mars 2002 Dans les douze pays ayant adhéré à l’Union monétaire (17 février pour la France), seuls les euro (pièces et billets) circulent. Les monnaies précédentes n’ont plus de valeur légale mais pourront être changées contre des euro auprès des banques.



Le symbole de l’€uro :





Le nom “euro” a été choisi par le Conseil européen de Madrid (réuni les 15 et 16 décembre 1995) qui a lancé la nouvelle valeur unique européenne. Le nom est masculin et indéclinable (pour des langues ayant des déclinaisons comme l’allemand ou le grec) : le pluriel est identique au singulier (mais en France l’usage est déjà de mettre un “s” au pluriel !) et prend une minuscule. La même décision a été adoptée pour les centimes, appelés “cent” (au pluriel ça ne fait pas “cents”, quoiqu’en France l’usage…).

Par attraction imitative pour la £ ou le $, l’euro a aussi un logo, appelé “glyphe”.

Il s’inspire du epsilon grec ayant la forme d’un E arrondi (€ comme €urope) mais avec une barre horizontale double censée représenter la stabilité de la monnaie ! Dans le système des valeurs internationales l’euro a été enregistré par l’ISO (International Organisation for Standardisation) avec le code EUR, employé dans chaque opération, comme autrefois FFR pour le franc, LIT pour la lire italienne ou DEM pour le marc allemand. Le glyphe répond à trois critères spécifiques : c’est un symbole distinctif de l’Europe facilement reconnaissable ; il est facile à écrire à la main ; son dessin est esthétique et agréable à l’oeil.



Figure 2 : Où les €uro sont-ils en circulation ?





Les euro sont disponibles en huit types de monnaie métallique et en sept tailles de billets. Les pièces sont de 1 et 2 euro et de 1, 2, 5, 10, 20 et 50 cent.

Chaque pièce a une face “européenne” commune à tous les pays de l’Union des douze et l’autre propre à chacun d’eux : elles peuvent circuler librement avec validité dans les douze Etats membres.

Les billets sont de 5, 10, 20, 50, 100, 200 et 500 euro et sont, en revanche, les mêmes pour les douze pays. Ils représentent des types d’architecture des sept époques de l’histoire de la culture européenne. Fenêtres, portails et ponts symbolisent l’esprit d’ouverture et de communication entre les peuples européens ainsi qu’entre l’Europe et le reste du monde.

Les douze pays ayant adhéré à la monnaie commune européenne et dans lesquels actuellement circule la nouvelle monnaie euro sont :

Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays Bas et Portugal.



Figure 3 : Les protections anti-contrefaçon.







Le problème de la contrefaçon des euro a été envisagé et affronté avec une grande détermination. Pour l’impression du papier monnaie on a, en effet, recouru à des fils de sécurité insérés dans le papier, à l’impression chalcographique et à un type de papier (réalisé en fibre de coton) contenant des micro-éléments visibles par diffraction ou par variabilité optique, comme les fibres fluorescentes et les filigranes multitons. Autant de techniques rendant difficile la contrefaçon.



Figure 4 : Comment faire un contrôle avec notre détecteur de faux €uro.





La zone visible aux infrarouges est différente pour chaque type de billet ; il s’agit d’une découpe nette permettant la visualisation d’une partie seulement du dessin présent sur le côté avec la valeur faciale plus grande. Sur l’afficheur LCD le billet sera visualisé en noir et blanc (parce que la lumière infrarouge permet une vision monochromatique, même si la caméra vidéo et le moniteur étaient en couleurs) et renversé par rapport au sens d’application. La figure reporte les zones de contraste présentes sur les divers billets d’euro (5, 10, 20, 50, 100, 200 et 500 euro). Ici, pour faciliter la compréhension, nous avons représenté la zone “masque” en bleu. Si le billet est faux, tout le dessin sera visualisé.



Figure 5 : Le montage dans le boîtier de notre détecteur de faux €uro.









Les liaisons ont été ici effectuées entre caméra et moniteur disposés au fond du boîtier plastique Teko-364 (dimensions 311 x 170 x 87). Si l’on dispose d’un téléviseur ou d’un moniteur avec entrée vidéocomposite, il est possible de relier la caméra directement au moniteur externe et d’utiliser alors un boîtier plus petit.



Figure 6 : Dessin de la face avant de notre “Money Detector”.



Notre montage

Le montage présenté dans cet article se fonde sur une caractéristique des billets authentiques qui n’est absolument pas visible à l’oeil nu.

Cette caractéristique est sans doute, la plus difficile à reproduire : chaque billet de banque (il existe sept tailles différentes de 5, 10, 20, 50, 100, 200 et 500 euro) est en effet réalisé de manière à n’en rendre visible qu’une partie quand on l’éclaire aux rayons infrarouges.

Par conséquent si on utilise une caméra vidéo pourvue d’un éclairage infrarouge, reliée à un moniteur LCD, il est possible, en plaçant correctement les billets de banque face à l’objectif, de détecter les faux sans coup férir.

En effet, les billets authentiques ne sont pas visualisés dans toutes leurs parties mais seulement dans les zones “libres de protection” et ils sont dépourvus de dessins dans la partie restante.

Un faux billet (par exemple, une bonne photocopie), sera visualisé sur le moniteur dans son ensemble ; cela permettra de le reconnaître de manière certaine.

La réalisation pratique du détecteur de faux €uro La réalisation de ce détecteur de faux billets est particulièrement simple : il suffit de relier une caméra vidéo à éclairage infrarouge à un moniteur LCD et d’installer le tout dans un boîtier plastique comme le montre la figure 5. Pour cela, le boîtier Teko 364, pour lequel nous avons préparé une face avant sérigraphiée (figure 6), convient à merveille : nous avons remplacé la face avant d’origine par un rectangle de Plexiglass transparent sur lequel nous avons collé la sérigraphie. En ce qui concerne l’utilisation, c’est-à-dire le contrôle des billets de banque, nous vous conseillons de positionner correctement le billet et de le couvrir avec une main, de manière à éviter que la lumière ambiante n’éclaire la caméra, ce qui rendrait moins évidente la zone protégée : la différence entre un faux billet et un billet authentique saute aux yeux et ne fait aucun doute.



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