Comment visualiser volts et ampères sur un même afficheur ?

Avec un seul afficheur LCD et le circuit fort simple que nous vous proposons ici, vous allez pouvoir réaliser un instrument de mesure des plus utiles. Il vous permettra de lire simultanément une valeur de tension en volt et une valeur de courant en ampère. En volt, la lecture pourra s’étendre de 0,1 à 40,0 V et, en ampère, de 0,1 à 9,99 A.



Le plus souvent, les alimentations variables réalisées par des amateurs, n’ont pas d’instruments de mesure et, quand elles en ont, ce sont des voltmètre et ampèremètre analogiques, c’est-à-dire for t peu précis, en tout cas incapables d’apprécier une différence de tension de 0,2 ou 0,3 V, ni de courant de 200 mA.

Notre réalisation
C’est pourquoi nous vous proposons dans cet article un afficheur LCD en mesure (c’est bien le cas de le dire !) de visualiser simultanément et en temps réel la tension en volt (avec une résolution de 0,1 V) et le courant en ampère (avec une résolution de 10 mA).


Figure 1 : Dessin de l’afficheur LCD CMC116L01 utilisé dans ce montage.
Sur la page de gauche : photo de l’appareil de mesure terminé et installé dans son boîtier, prêt à fonctionner.


Le schéma électrique
La figure 2 donne le schéma électrique complet de ce “V-Amètre” : son fonctionnement est fort simple. Commençons la description par le circuit intégré IC2 MCP3202, un double convertisseur A/N à douze bits. Comme le montre la figure 3, où nous avons simplifié au maximum son schéma synoptique, si nous appliquons sur ses broches d’entrée 2 et 3 diverses valeurs de tension VinA et VinB, le double convertisseur A/N lit alternativement en multiplexeur la tension présente sur les deux entrées A et B et la convertit en données numériques : il les envoie donc, par sa broche 6, au microcontrôleur IC3 dont le rôle est de les afficher sur un afficheur alphanumérique.
Sur la gauche de l’afficheur apparaît la valeur de la tension appliquée sur la broche d’entrée 2 de IC2 et sur la droite la valeur de la tension appliquée sur la broche 3 de IC2.
Voyons maintenant comment relier ce V-Amètre à une quelconque alimentation stabilisée. Comme le montre la figure 4, sur la douille rouge présente sur l’alimentation, nous prélevons la tension positive à appliquer à la borne d’entrée correspondant à R1 du V-Amètre (+Vin). Pour la sortie, la tension positive est prélevée sur la douille +Vin et la tension négative sur la douille –Vout.

Pour mesurer la tension en volt fournie par l’alimentation, la tension positive entrant par le pont R1/R2 atteint l’entrée VinA du double convertisseur A/N IC2 et, une fois transférée sur le microcontrôleur IC3, ce dernier la visualise sur la gauche de l’afficheur.
Pour mesurer le courant consommé par le circuit relié à l’alimentation, la tension négative entrant dans le pont RCS/R3 atteint l’entrée inverseuse + de l’amplificateur opérationnel IC1 : ce dernier amplifie environ dix fois la chute de tension aux extrémités de RCS, puis la tension amplifiée est appliquée sur l’entrée VinB du double convertisseur A/N IC2 qui la visualise sur la droite de l’afficheur.

Comme le montre la figure 6, la résistance RCS est une petite piste de cuivre du circuit imprimé en forme de U, ce qui nous permet d’obtenir une très faible valeur ohmique que nous ne trouverions jamais dans le commerce.
Ajoutons que le microcontrôleur IC3 est un ST62T10-EC1556, déjà programmé en usine et que nous l’utilisons aussi pour prélever sur la broche 9 une fréquence à onde carrée : cette dernière, redressée par DS4 et DS3, nous permet d’obtenir une tension négative d’environ 4 V servant à alimenter la broche 4 de l’amplificateur opérationnel IC1.

Les trimmers présents dans ce circuit servent pour :
R12 = trimmer à un tour servant à doser la luminosité des numéros apparaissant sur l’afficheur LCD, R7 = trimmer multitour servant à remettre à zéro (sur 0,00) la valeur du courant quand sur les bornes de l’alimentation aucun circuit n’est branché et que donc aucun courant n’est consommé, R6 = trimmer multitour servant à faire apparaître sur l’afficheur LCD le valeur exacte du courant consommé par le circuit alimenté.
Pour alimenter ce V-Amètre, il faut une tension stabilisée de 5 V que nous pouvons prélever sur une alimentation stabilisée, comme celle dont la figure 15 vous donne le schéma électrique.

Figure 2 : Schéma électrique du voltmètre-ampèremètre. Pour alimenter ce circuit il faut une tension stabilisée de 5 V, à prélever sur une alimentation, dont la figure 15 donne le schéma électrique.

Liste des composants
RCS = piste du ci
R1 = 90,9 kΩ 1 %
R2 = 10,1 kΩ 1 %
R3 = 1 kΩ
R4 = 1 kΩ
R5 = 15 kΩ
R6 = 10 kΩ trim. 20 tours
R7 = 10 kΩ trim. 20 tours
R8 = 1 megaohm
R9 = 10 kΩ
R10 = 150 ohm
R11 = 15 kΩ
R12 = 10 kΩ trim. 1 tour
R13 = 10 kΩ
C1 = 470 nF polyester
C2 = 100 nF polyester
C3 = 100 nF polyester
C4 = 100 pF ceramico
C5 = 100 nF polyester
C6 = 100 nF polyester
C7 = 100 nF polyester
C8 = 47 μF électrolytique
C9 = 100 nF polyester
C10 = 100 μF électrolytique
C11 = 100 μF électrolytique
C12 = 1 μF électrolytique
C13 = 100 nF polyester
C14 = 100 μF électrolytique
FC1 = réson. céramique 8 MHz
DS1 = diode 1N4148
DS2 = diode 1N4148
DS3 = diode 1N4148
DS4 = diode 1N4148
DZ1 = zener 4,096 V LM4040
IC1 = intégré CA3130
IC2 = intégré MCP3202
IC3 = CPU EC1556
Display = LCD CMC 116 L01

Sauf spécification contraire, toutes les résistances sont des 1/4 W à 5 %.

Figure 3 : Schéma synoptique et brochage du circuit intégré MCP3202. Pour lire simultanément la tension et le courant, on utilise ce convertisseur A/N lisant en multiplexeur les valeurs présentes sur les entrées VinA et VinB.

La réalisation pratique
Si vous suivez avec attention les figures 11a, 12 et 13, vous ne devriez pas rencontrer de problème pour monter ce V-Amètre : procédez par ordre, afin de ne rien oublier, de ne pas intervertir les composants se ressemblant, de ne pas inverser la polarité des composants polarisés et de ne faire en soudant ni court-circuit entre pistes et pastilles ni soudure froide collée.
Quand vous êtes en possession du circuit imprimé double face à trous métallisés de 12 x 4,8 cm (dessins, à l’échelle 1, des deux faces figure 11b-1 et 2), montez tous les composants comme le montre la figure 11a.

Placez d’abord, côté composants, les cinq picots d’interconnexions puis, côté soudures (voir figure 6), le connecteur barrette à seize trous.
Ensuite, dans le circuit imprimé de l’afficheur LCD, insérez et soudez le double connecteur mâle à seize broches, comme le montre la figure 8.
Vérifiez bien toutes les soudures.
Montez alors les trois supports des circuits intégrés et vérifiez que vous n’avez oublié de souder aucune broche.
Là encore, ni court-circuit entre pistes ou pastilles ni soudure froide collée.
Otez l’éventuel excès de fl ux décapant avec un solvant approprié.
Montez alors les résistances, en contrôlant soigneusement leurs valeurs (classez-les d’abord) : R1 est une résistance de précision de 90,9 k (blanc-noirblanc-rouge-marron) et R2 de 10,1 k (marron-noir-marron-rouge-marron). Montez à gauche du circuit imprimé le trimmer R12 à un tour et à droite les deux trimmers multitour R6 et R7. Continuez par les diodes DS1, DS2, DS3 et DS4, en orientant bien leurs bagues noires repère-détrompeurs comme le montre la figure 11a, soit respectivement vers la gauche, le bas, le haut et le bas. Montez ensuite la zener DZ1 près de IC2 : elle a la forme d’un transistor plastique demie lune à trois pattes, orientez bien son méplat repère-détrompeur vers C8.
Montez, près de IC3, le filtre céramique FC1, près de IC1 le condensateur céramique C4 et, enfin, tous les condensateurs polyesters et les électrolytiques en respectant bien la polarité +/– de ces derniers (la patte la plus longue est le + et le – est inscrit sur le côté du boîtier cylindrique).
Il reste à enfoncer dans leurs supports les trois circuits intégrés, repère-détrompeurs en U orientés dans les sens montrés par la figure 11a, soit vers le bas pour IC1, vers la droite pour IC2 et vers la gauche pour IC3. Enfin, prenez l’afficheur LCD et enfilez à fond son connecteur mâle dans le connecteur femelle, comme le montre la figure 10.

Figure 4 : Pour lire le valeur de la tension présente sur les douilles de sortie d’une alimentation et pour savoir quel courant consomme le circuit à alimenter, vous devez relier la borne positive de l’alimentation à l’entrée +Vin de notre circuit et la borne négative à l’entrée –Vin, en utilisant ensuite comme pôle négatif la sortie –Vout.

Figure 5 : Avant de fixer l’afficheur LCD sur le circuit imprimé, vous devez accomplir une série d’opérations simples illustrées dans cette page.


Figure 6 : Vous devez insérer dans le circuit imprimé le connecteur barrette à seize trous et les quatre entretoises plastiques permettant de maintenir l’afficheur LCD.

Figure 7 : Brochages du microcontrôleur programmé EC1556 et du circuit intégré CA3130 vus de dessus et de la zener LM4040 vu de dessous.

Figure 8 : Dans le boîtier de l’afficheur LCD CMC116L01, insérez le double connecteur barrette mâle à seize broches et soudez-le.

Figure 9 : Dans le circuit imprimé, insérez le connecteur barrette femelle à seize trous et les quatre entretoises plastiques nécessaires pour soutenir l’afficheur LCD, comme le montre la figure 6.

Figure 10 : Après avoir fixé le connecteur femelle dans le circuit imprimé et le connecteur double mâle dans l’afficheur LCD, vous pourrez les solidariser l’un de l’autre.

Figure 11a : Schéma d’implantation des composants du V-Amètre. On voit à droite du circuit imprimé la piste de cuivre en U utilisée comme résistance RCS pour détecter une tension proportionnelle à la valeur du courant consommé par le circuit que nous alimentons. Les trimmers R6 et R7 servent pour le réglage, le trimmer R12 pour doser la luminosité de l’afficheur LCD.

Figure 11b-1 : Dessin, à l’échelle 1, du circuit imprimé double face à trous métallisés du V-Amètre, côté composants.

Figure 11b-2 : Dessin, à l’échelle 1, du circuit imprimé double face à trous métallisés du V-Amètre, côté soudures.

Figure 12 : Ce dessin montre comment relier la borne positive d’une alimentation à l’entrée +Vin du V-Amètre et la borne négative à l’entrée –Vin.
La tension à utiliser sera prélevée sur les douilles de sortie situées en bas à droite du dessin. Pour faire fonctionner l’afficheur LCD, il est nécessaire de l’alimenter avec une tension de 5 V, comme le montre la figure 11.



Figure 13 : Photo d’un des prototypes de la platine du V-Amètre. L’appareil peut être inséré à l’intérieur de n’importe quelle alimentation stabilisée, pourvu qu’elle puisse lui fournir la tension stabilisée de 5 V dont il a besoin pour fonctionner. Sinon, on adoptera la solution de la figure 14.

Pour alimenter le circuit
Pour alimenter ce montage, comme le montrent les figures 14 à 16, il faut une alimentation stabilisée capable de fournir une tension de 5 V. Notre alimentation peut parfaitement convenir. La figure 15 en donne le schéma électrique et la figure 16 vous permet de la réaliser sans peine ni risque de vous tromper.
Si vous optez pour cette solution, l’alimentation et le montage prendront place dans un boîtier plastique avec face avant et panneau arrière en aluminium, percés et sérigraphiés, comme le montre la figure 14.

Mais si vous voulez, vous pouvez aussi insérer le montage dans une alimentation variable afin de la doter d’un double instrument de mesure V et A mètre.
Dans ce cas vous récupèrerez la tension d’alimentation du montage (5 V) sur cette alimentation variable en utilisant un régulateur 7805 à connecter à la sortie du pont redresseur. Il vous faudra alors pratiquer une fenêtre rectangulaire dans la face avant de votre alimentation variable pour l’afficheur LCD.


Figure 14 : Montage de la platine du V-Amètre avec son afficheur LCD, ainsi que son alimentation 5 V stabilisée (voir figures 15 et 16), dans un boîtier plastique avec face avant et panneau arrière en aluminium. Les bornes +/– de sortie peuvent être fixées sur le panneau arrière.


Figure 15 : Schéma électrique de l’alimentation, capable de fournir une tension stabilisée de 5 V.

Liste des composants

C1 = 100 nF céramique
C2 = 100 nF céramique
C3 = 100 nF céramique
C4 = 100 nF céramique
C5 = 1 000 μF électrolytique
C6 = 100 nF polyester
C7 = 100 nF polyester
C8 = 470 μF électrolytique
RS1 = pont redres. 100 V 1 A
IC1 = intégré L7805
T1 = transfor. 4 W sec. 8 V 0,5 A
S1 = interrupteur

Sauf spécification contraire, toutes les résistances sont des 1/4 W à 5 %.

Figure 16a : Schéma d’implantation des composants de l’alimentation pouvant alimenter notre V-Amètre. Cette alimentation est à insérer à l’intérieur du boîtier plastique, comme le montre la figure 14.


Figure 16b : Dessin, à l’échelle 1, du circuit imprimé de l’alimentation, côté soudures.

Un selfmètre capacimètre précis

Pour un euro de plus, il est possible de transformer votre selfmètre, paru dans l'article "Un selfmètre HF ou comment mesurer la valeur d’une bobine haute fréquence", en un selfmètre-capacimètre des plus précis, capable de mesurer les valeurs capacitives allant de 2,7 pF jusqu’au-delà de 39 nF !

Vous avez été nombreux, une fois encore, en particulier les aficionados de HF, à nous demander de compléter le selfmètre HF de l'article "Un selfmètre HF ou comment mesurer la valeur d’une bobine haute fréquence" en capacimètre précis pour la mesure des faibles et moyennes capacités.

Notre réalisation
Nous avons donc conçu une modification du circuit d’origine qui vous permettra, en ajoutant une self et en remplaçant l’interrupteur S1 par un bipolaire à zéro central, de transformer votre selfmètre en selfmètre/capacimètre. La lecture de l’article "Un selfmètre HF ou comment mesurer la valeur d’une bobine haute fréquence", sera bien utile à ceux qui monteront directement cette version double usage.

Le schéma électrique du contrôleur de valeur inductive
La seule différence entre le schéma électrique de l'article "Un selfmètre HF ou comment mesurer la valeur d’une bobine haute fréquence", figure 2 et celui de la figure 1 de cet article-ci, est l’inverseur à levier S1. Dans le schéma d’origine, en effet, se trouve un simple inverseur à deux positions, utilisé pour mettre en parallèle au condensateur C1 de 82 pF un condensateur C2 de 1 nF, de façon à faire osciller toutes les selfs de 1 μH à 470 mH. Pour modifier le schéma, il faut seulement remplacer l’inverseur à deux positions par un à trois positions, soit à zéro central. Quand cet inverseur est mis en position centrale, le circuit est utilisé pour faire osciller toutes les selfs de 0,56 μH à 470 mH, quand en revanche il est mis sur C2 on peut faire osciller n’importe quelle self de 10 μH à 470 mH. Quand l’inverseur est mis sur la self de 100 μH JAF2, ce selfmètre devient un capacimètre. En effet, pour lire la fréquence produite, il suffit de relier à la BNC de sortie un fréquencemètre numérique précis, ensuite, avec la formule cidessous, il est aisé de connaître la capacité exacte en pF :
pF = 25 300 : (MHz x MHz x 100) – 95
Le nombre 95 tient compte de la somme des capacités parasites et de C1 (82 pF), cette capacité parasite tournant autour de 13 pF dans notre montage prototype. Si votre propre montage comporte une capacité parasite supérieure ou inférieure, elle le sera de si peu que la précision obtenue vous satisfera amplement. Si l’on n’insère aucun condensateur entre les deux douilles XL - XC, le fréquencemètre numérique relié à la sortie indique une fréquence très proche de 1,6313 MHz car, avec notre C1 de 82 pF, une capacité parasite de 13 pF et une self de 100 μH, le circuit produit une fréquence de :
159 racine carrée de (82 + 13) x 100 = 1,6313 MHz.
En insérant entre les deux douilles un condensateur de valeur inconnue, si nous lisons sur le fréquencemètre numérique 1,5516 MHz (voir figure 5), pour trouver la valeur de la capacité il faut procéder ainsi :
1 - si nous élevons tout de suite au carré le nombre 1,5516, nous obtenons 1,5516 x 1,5516 = 2,4074,
2 - si nous multiplions alors le nombre obtenu par 100, valeur en μH de la self, nous obtenons le résultat final 2,4074 x 100 = 240,74,
3 - si nous divisons le nombre 25 300 par 240,74 nous obtenons 25 300 : 240,74 = 105,092,
4 - de ce nombre nous pouvons soustraire la capacité parasite de 95 pF et donc notre condensateur aura une capacité de 105,092 – 95 = 10,092 pF, soit 10 pF.

Nous vous rappelons que la valeur de la fréquence à utiliser dans la formule ci-dessus doit toujours être exprimée en MHz et donc quand nous dépasserons 160 pF, la fréquence lue sur le fréquencemètre numérique sera exprimée en kHz, qu’il faudra convertir en MHz en la divisant par 1 000.
Afin d’éviter cette division, il suffit d’ajouter sur la gauche un 0 suivi d’une virgule. Par exemple, si nous lisons sur l’afficheur 832,24 (voir figure 6), pour connaître la valeur de la capacité du condensateur inconnu, nous devons procéder comme suit :
1 - si nous convertissons le nombre 832,24 de kHz en MHz, nous avons 0,83224,
2 - si nous élevons au carré le nombre 0,83224, nous obtenons 0,83224 x 0,83224 = 0,692623,
3 - si nous multiplions le nombre obtenu par 100, valeur en μH de la self, nous obtenons 69,2623,
4 - si nous divisons 25 300 par ce nombre, nous obtenons 25 300 : 69,2623 = 365,278,
5 - si nous ôtons de ce nombre la capacité parasite, nous obtenons 365,278 – 95 = 270,278, soit 270 pF.
Ne soyez pas trop étonnés si, en mesurant la valeur de la capacité d’un condensateur, vous trouvez un nombre complètement différent de celui qui est imprimé sur son enrobage car, vous le savez, tous les condensateurs ont des tolérances en + ou en – pouvant atteindre 5, 10 ou 20 %. Donc, dans le cas d’un condensateur de 270 pF, nous pourrions relever les capacités suivantes :
- de 257 à 280 pF si la tolérance est de 5 %,
- de 250 à 290 pF si la tolérance est de 10 %,
- de 230 à 300 pF si la tolérance est de 20 %.

Figure 1 : Schéma électrique du selfmètre de l'article "Un selfmètre HF ou comment mesurer la valeur d’une bobine haute fréquence" transformé en capacimètre. Vous devez seulement remplacer l’inverseur S1 par un autre à 0 central (soit à trois positions), puis utiliser une petite self de 100 μH JAF2, en la plaçant comme le montre le schéma d’implantation des composants de la figure 3a.

Liste des composants
R1 = 2,7 kΩ
R2 = 56 kΩ
R3 = 100 Ω
R4 = 330 Ω
R5 = 680 Ω
R6 = 2,2 kΩ
C1 = 82 pF céramique
C2 = 1nF polyester
C3 = 10 μF électrolytique
C4 = 100 nF polyester
C5 = 10 nF polyester
C6 = 100 nF polyester
C7 = 100 nF polyester
C8 = 1 μF polyester
C9 = 100 μF électrolytique
JAF1 = self 18 μH
JAF2 = self 100 μH
DL1 = LED rouge 5 mm
IC1 = intégré μA720
S1 = inverseur à 0 central
S2 = interrupteur
Divers
1 boîtier avec faces métal
1 équerre porte-pile
1 prise pour pile 9 V
1 prise BNC
1 douille banane rouge
1 douille banane noire
1 fiche banane rouge
1 fiche banane noire
2 pinces croco


Figure 2 : Brochage du circuit intégré μA720 (ou UA720, c’est le même) vu de dessus et point repère-détrompeur (ou repère-détrompeur en U selon modèle) vers le haut.

La réalisation pratique 
Si vous n’avez pas déjà monté le selfmètre de l'article "Un selfmètre HF ou comment mesurer la valeur d’une bobine haute fréquence", procurez-vous tout le matériel nécessaire pour le monter (la figure 3b donne le dessin, à l’échelle 1, du circuit imprimé), mais remplacez l’inverseur S1 par un modèle à position centrale de repos (c’est-à-dire à trois positions) et ajoutez une self enrobée JAF2 de 100 μH : ainsi vous aurez en plus la fonction capacimètre.
Comme le montre la figure 3a, l’ajout à ce circuit des deux composants ci-dessus mentionnés est particulièrement facile. Comme le montre la figure 4, en face avant remplacez S1 à deux positions par un autre S1 à trois positions : cela vous permettra d’insérer, S1 étant en position XC, la petite self enrobée de 100 μH, située entre la broche externe de S1 et la douille rouge (voir figure 3a). Cette self de 100 μH s’ajoute donc à celles qu’il vous faut pour réaliser l’appareil de mesure. Ces trois composants sont marqués par des points de couleurs :
47 μH = jaune-violet-grand point noir
100 μH = marron-noir-grand point marron
330 μH = orange-orange-grand point marron.

Note : le fréquencemètre numérique que nous avons utilisé pour les mesures d’inductance et de capacité est le EN5048, dont la réalisation sera décrite dans l’une des prochaines leçons de notre Cours : un peu de patience, donc, avant de vous voir proposer son analyse et sa réalisation.

Afin de vous rendre les choses plus faciles, nous donnons dans le tableau 1 la valeur de la fréquence que vous lirez sur le fréquencemètre numérique (deuxième colonne) et, en face, la capacité correspondante (première colonne). À cause des tolérances imparables, vous aurez du mal à lire exactement les valeurs de fréquence que nous indiquons mais, grâce à ce tableau 1, vous pourrez établir, sans calcul, la valeur exacte du condensateur en examen. Si un condensateur fait afficher une fréquence de 0,4611 MHz, par exemple, dans le tableau, vous trouverez 0,4804 pour une capacité de 1 000 pF (1 nF) et 0,4418 pour 1 200 pF (1,2 nF) : le nombre 0,4611 est compris entre ces deux valeurs et nous pouvons affirmer que le condensateur a une capacité de 1,1 nF environ, car (1 000 + 1 200) : 2 = 1 100 pF.

Figure 3a : Schéma d’implantation des composants du selfmètre/capacimètre.
La self JAF2 de 100 μH doit être soudée entre la borne extrême XL du nouvel inverseur S1 à 0 central et la douille rouge d’entrée de mesure. Pour lire la fréquence produite, il suffit de relier n’importe quel fréquencemètre numérique à la BNC de sortie. L’équerre porte-pile en aluminium est fixée côté composant du circuit imprimé par deux boulons 3MA. Elle constitue une cloison délimitant le compartiment de la pile 6F22 de 9 V.

Figure 3b : Dessin, à l’échelle 1, du circuit imprimé du self/capacimètre.

Figure 4 : En face avant du boîtier, vous devez seulement ajouter XC et XL. XC quand l’inverseur S1 relie la self JAF2 de 100 μH aux broches 3 et 2 de l’étage oscillateur IC1 (voir figure 1) et XL lorsqu’en revanche il relie le condensateur C2.

Figure 5 : Si vous lisez sur le fréquencemètre numérique 1,5516 MHz, le condensateur a une capacité de 10 pF. Lisez dans l’article l’explication et voyez la valeur reportée dans le tableau 1.

Figure 6 : Si vous lisez sur le fréquencemètre numérique 832,24 kHz, vous devez convertir cette valeur en MHz en la divisant par 1 000. Pour une fréquence de 0,83224 MHz, la valeur du condensateur est de 270 pF.

Un buzzer en parallèle avec une LED

Pourquoi, en effet, devoir toujours choisir entre le fromage ou le dessert : dans un circuit, la signalisation peut très bien être à la fois visuelle et acoustique. Un montage simple pour ceux qui veulent tout et tout de suite !

 Figure 1 : Le schéma électrique du multivibrateur basse tension pour buzzer et brochage du transistor vu de dessous.

Liste des composants
R1 = 100 kΩ
R2 = 1 kΩ
R3 = 100 kΩ
R4 = 1 kΩ
C1 = 1,5 nF polyester
C2 = 1,5 nF polyester
TR1 = NPN BC237
TR2 = NPN BC237
BUZ = buzzer piézo

 
Figure 2 : Brochage du transistor BC237 vu de dessous.

Si, par exemple, pour savoir quand un thermomètre a atteint la température d’alerte programmée, vous voulez bénéficier à la fois d’une signalisation visuelle et acoustique, vous pouvez réaliser ce multivibrateur très simple avec deux transistors NPN courants, actionnant un buzzer et capable de fonctionner encore sous une faible tension (en effet aux extrémités de la LED, la tension est de l’ordre de 2 V).
Étant donné que les deux fils d’entrée sont polarisés, puisqu’ils sont utilisés pour fournir la tension d’alimentation du circuit, le fil rouge est à relier à l’anode + de la LED et le fil noir à sa cathode –.
Toutefois ne vous attendez pas à un son très puissant de la part du buzzer.
En effet, alimenté en 1,8 V (si la LED est rouge) ou 2 V (si elle est verte), soit à très basse tension, le multivibrateur délivre une puissance plutôt faible. Mais, afin d’augmenter la puissance sonore du buzzer, vous pouvez monter ce dernier dans une micro-enceinte acoustique en bois ou en carton.

Un préamplificateur HF à large bande

Le montage, dont voici le schéma électrique, est un préamplificateur HF à large bande, avec entrée à haute impédance et pourvu d’un CAG : il est en mesure d’amplifier environ dix fois n’importe quel signal appliqué sur son entrée, si sa fréquence est comprise entre 1 Hz et 50 MHz environ.
Figure 1 : Schéma électrique du préamplificateur HF à large bande. Le circuit doit être alimenté par une tension double symétrique de +15/0/–15 V, ou bien +12/0/–12 V.

Liste des composants
R1 = 10 MΩ
R2 = 1 kΩ
R3 = 10 kΩ
R4 = 3,3 kΩ
R5 = 330 Ω
R6 = 1 kΩ
R7 = 3,3 kΩ
R8 = 470 Ω
R9 = 3,3 kΩ
R10 = 2,7 kΩ
R11 = 2,7 kΩ
R12 = 2,7 Ω
R13 = 2,7 Ω
R14 = 1 kΩ
R15 = 1 kΩ
R16 = 10 MΩ
C1 = 100 nF polyester
C2 = 100 nF polyester
C3 = 2,2 nF polyester
C4 = 100 nF polyester
C5 = 100 nF polyester
C6 = 10 nF polyester
C7 = 10 pF céramique
DS1 = diode 1N4148
DS2 = diode 1N4148
FT1 = FET J310
TR1 = NPN 2N2222
TR2 = NPN 2N3904
TR3 = PNP 2N3906
TR4 = NPN 2N3904
TR5 = PNP 2N3906
IC1 = intégré LM311


Figure 2 : Brochages du circuit intégré LM311 vu de dessus et repère-détrompeur en U vers la gauche, du FET J310 vu de dessous et des transistors 2N3904, 2N3906 et 2N2222 vus de dessous également.

Le signal à amplifier est appliqué sur la gâchette de FT1 et il est prélevé sur la source pour être acheminé sur la base de TR2.
Cette source est alimentée par le collecteur du transistor NPN, servant de Contrôle Automatique de Gain (CAG). En effet, si le signal de sortie augmentait excessivement, l’amplificateur opérationnel IC1 modifierait la polarisation de la base de TR1, lequel ferait varier automatiquement la résistance ohmique de polarisation de la source de FT1, de telle façon que le gain serait réduit.
Bien sûr, si le signal de sortie descendait en dessous du niveau minimum, ce même amplificateur opérationnel IC1 modifierait la polarisation de la base de TR1, lequel ferait varier automatiquement la résistance ohmique de polarisation de la source de FT1, de façon à augmenter le gain.
En fait TR1 fonctionne comme une sorte de potentiomètre modifiant le gain du FET par variation de la résistance ohmique de polarisation entre la source et la tension négative de 15 V.
Le signal ainsi dosé est prélevé sur la source de FT1 pour être appliqué directement sur la base de deuxième NPN TR2 lequel, conjointement avec le troisième PNP TR3, l’amplifie
Du collecteur de TR3, le signal est appliqué sur les entrées des deux diodes DS1 et DS2 qui l’acheminent sur les bases des deux transistors finaux TR4 et TR5, reliés en “single ended” (une seule sortie). DS1 transfère sur la base du NPN TR4 les seules demi-ondes négatives et DS2 transfère sur la base du PNP TR5 les seules demi-ondes positives.
Le signal amplifié est prélevé sur le point de concours de R12 et R13, reliées aux émetteurs des transistors finaux, pour être ensuite transféré sur la prise de sortie sur laquelle est prélevée, à travers une résistance R16 de 10 mégohms, une petite portion du signal laquelle, appliquée à l’entrée non-inverseuse de l’amplificateur opérationnel IC1, sert à contrôler le gain du FET d’entrée.
Cet amplificateur doit être alimenté par une tension double symétrique de 2 x 15 V (+15 V 0 –15 V), mais il fonctionne aussi avec une tension double symétrique de 2 x 12 V.
Comme il s’agit d’un montage HF à haute impédance, le circuit sera monté dans un boîtier métallique de blindage en acier étamé.
Le signal d’entrée, de même que celui de sortie, seront acheminés et prélevés à l’aide d’un petit câble coaxial RG174.

Adapter les montages GSM au SIEMENS S45

Dans cet article, nous vous expliquons quelles modifications il est nécessaire d’apporter aux montages Contrôle bidirectionnel GSM avec alarme et Localiseur GPS/GSM à mémoire (unité de base) et (unité distante) pour pouvoir utiliser un téléphone portable SIEMENS de la série 45 au lieu de la série 35 obsolète.
  
Si vous faites partie de nos fidèles lecteurs depuis quelque temps, vous vous serez sans doute aperçus que beaucoup de nos montages GSM utilisent des téléphones portables SIEMENS 35 pour les appels, l’envoi et la réception des SMS, pour produire des tons DTMF, pour transmettre des données, etc. Parmi ces montages, ceux qui ont remporté les plus vifs succès sont le Contrôle bidirectionnel GSM avec alarme et le Localiseur GPS/GSM à mémoire (unité de base) et (unité distante).
L’évolution de l’offre dans le domaine des portables est si foudroyante que les SIEMENS de la série 35 sont devenus aujourd’hui difficiles à trouver, à tel point que vous avez dû vous tourner vers le marché de l’occasion. D’autre part, il n’est pas possible d’utiliser des modèles différents ni, à plus forte raison, d’autres constructeurs. Les seuls modèles compatibles presque à 100 % sont les modèles SIEMENS de la série 45, que l’on trouve encore sur le marché du neuf.
Mais, même dans ce cas, de légères différences demeurent et il est donc nécessaire d’apporter de petites modifications à nos montages. Rassurez-vous, elles sont très faciles à réaliser !
La différence entre les deux familles des portables SIEMENS 35 et 45 (du moins pour ce qui nous concerne) touche essentiellement au circuit de recharge de la batterie : pour le 45 la tension à fournir doit être plus élevée. Voyons par conséquent quelles sont les modifications à apporter aux anciens montages (conçus pour le 35) pour qu’ils puissent fonctionner avec le 45. Bien sûr une fois exécutés, vos montages ne pourront plus fonctionner avec les téléphones portables de la série 35, à moins de restaurer la configuration précédente.

Les modifications à apporter au Localiseur GPS/GSM à mémoire (unité de base) et (unité distante)
Ces modifications, comme le montre la figure 1, touchent uniquement les câbles de connexion au téléphone portable. Ce sont des câbles spécifiques avec un connecteur spécial pour les SIEMENS. Le câble fourni pour le 35 a ses broches 8 et 9 court-circuitées par une goutte de tinol : pour rendre le montage compatible avec le 45, il suffit d’ôter ce court-circuit, c’est-à-dire la goutte d’étain, entre les deux broches. 

Figure 1 : Modifications apportées au connecteur du localiseur GPS/GSMà mémoire.

Pour le Localiseur GPS/GSM à mémoire (unité de base) et (unité distante) on avait besoin d’un câble avec connecteur pour la liaison au téléphone portable SIEMENS 35. Pour pouvoir utiliser un téléphone portable SIEMENS 45, vous devez tout d’abord retirer l’enveloppe externe du connecteur et repérer à l’intérieur les broches 8 et 9 : elles sont courtcircuitées par une goutte de tinol, vous devez éliminer cette goutte d’étain et donc supprimer le courtcircuit et le tour est joué. 

Figure 2 : Modifications du schéma électrique du contrôle bidirectionnelpar GSM avec alarme.




Les schémas électriques montrent les modifications apportées au circuit du Contrôle bidirectionnel GSM afin de pouvoir remplacer le téléphone portable SIEMENS 35 par le 45. Il est nécessaire de remplacer D2 et D3 par une résistance de 270 ohms, ajouter en aval de celle-ci une zener de 3,6 V avec une résistance de 1 k en série et enfin ajouter trois diodes 1N4007 entre masse et patte GND (centrale) du régulateur U3 7805. Toutes ces modifications ont pour but d’élever la tension d’alimentation utilisée pour recharger la batterie du portable.

Figure 3 : Modifications apportées au circuit du contrôle bidirectionnelpar GSM avec alarme.

La photo de gauche montre en détail les positions où doivent être soudées la résistance de 1 k et la diode zener de 3,6 V (en prenant la platine dans le même sens que sur la photo, la zener doit être placée de telle façon que sa cathode, repérée par une bague noire, soit tournée vers le bas). La photo montre aussi les deux trous laissés libres après qu’on ait ôté les diodes D2 et D3, ainsi que la présence de la vis de fixation en nylon qui, afin d’éviter de mettre la patte GND du régulateur 7805 à la masse, doit remplacer celle en métal précédemment utilisée.

Les deux photos montrent comment insérer la résistance de 270 ohms et la série des trois diodes 1N4007 (pour plus de visibilité, sur la photo de droite, on a retiré le dissipateur du régulateur 7805). Notez que la patte centrale du 7805 est dessoudée du circuit imprimé et ressoudée à la série des trois diodes.

Les modifications à apporter au Contrôle bidirectionnel GSM
Ces modifications sont légèrement plus importantes et elles touchent le circuit lui-même. Tout d’abord cherchez et, quand vous les avez trouvées, enlevez les deux diodes D2 et D3 (voir schéma électrique figure 2) et insérez à la place une résistance de 270 ohms. Comme le montre la figure 3, la résistance est à connecter entre la cathode de D3 et l’anode de D2.
La deuxième modification consiste à insérer, entre la masse et la “sortie”de la résistance qu’on vient d’ajouter, une diode zener de 3,6 V avec en parallèle une résistance de 1 kilohm. Les deux composants sont à souder du côté cuivre du circuit imprimé, comme le montre la figure 3.
Comme la zener est un élément polarisé, il faut orienter convenablement sa bague noire repère-détrompeur, sinon le montage ne fonctionnera pas : la bague doit être orientée vers l’intérieur de la platine, comme le montre la figure 3.
La troisième modification consiste à insérer une série de trois diodes 1N4007 entre la patte centrale GND du régulateur U3 7805 (préalablement dessoudée et sortie de son trou) et la masse (voir schéma électrique figure 2).
Ce faisant, on élève de deux volts environ la tension de sortie du régulateur.
Commencez par mettre les trois diodes en série en soudant la cathode de l’une à l’anode de l’autre et ainsi de suite. Ensuite, pliez légèrement vers le haut la patte centrale GND du régulateur (préalablement dessoudée) et soudez-la à l’anode de la dernière diode de la série. La cathode de la première diode de la série est à insérer et souder dans le trou de masse d’où l’on vient de retirer la patte centrale du régulateur, comme le montre la figure 3.
Enfin, remplacez le boulon métallique de fixation du régulateur 7805 par un boulon en nylon : en effet, le boulon métallique met à la masse du circuit la semelle métallique du régulateur, or cette semelle est reliée électriquement à la patte centrale, si vous ne changiez pas ce boulon pour un autre isolant, la modification précédente serait courtcircuitée et donc inopérante.

Un circuit clignotant universel pour LED bleues


Ce clignotant tout simple et universel, étudié dans cette application pour allumer des diodes LED “flash” de couleur bleue, peut également être utilisé avec n’importe quel type de LED. L’article vous explique en détail comment calculer la résistance à appliquer en série avec la diode, en fonction de la tension d’alimentation.

Bien que les LED à forte luminosité, c’est-à-dire de type “fl ash”, bleues ou blanches, soient disponibles depuis longtemps dans le commerce, nous n’avons jamais proposé un montage les mettant en oeuvre.
En effet, nous savons que n’importe quelle LED rouge-verte-jaune peut être remplacée par une bleue ou une blanche sans avoir à apporter la moindre modifi cation au circuit, pourvu qu’on utilise une tension minimale de 4,5 V et qu’on mette en série une résistance correctement calculée afi n de limiter le courant consommé à 10 ou 15 mA.
À l’égard des LED “fl ash” bleues ou blanches, il n’y a que le problème du prix qui puisse se poser ! En effet, ces composants coûtent onze ou douze fois plus cher qu’une LED ordinaire.

Notre réalisation
Mais comme le prix n’est pas déterminant pour tout le monde, en particulier pour une utilisation privée n’impliquant que quelques unités, nous nous sommes enfi n décidés à vous proposer un montage à quatre LED “fl ash” bleues constituant un mini clignotant. Les cyclistes pourraient fi xer ces LED sous la selle de leur vélo afi n d’être vus, la nuit ou par temps gris, par les automobilistes.
Certains d’entre vous pourront monter une seule LED bleue dans la chambre du petit qui a peur de l’obscurité.
Vous pourrez également avantageusement remplacer votre veilleuse 7 ou 15 W de couloir par un tel montage.
Les demandes de montages utilisant des LED blanches sont moins nombreuses mais, parfois, leur utilisation est indispensable.
Par exemple, il suffi t d’une seule LED blanche montée sur une pince pour réaliser un mini réfl ecteur à utiliser pour éclairer les pages d’un livre lu dans le lit sans déranger la personne dormant à côté. Ou alors, comme le montre la fi gure 10, on peut en monter 5 ou 6 dans une torche pour fournir une lumière blanche très intense.
Sans compter, en bleu comme en blanc, ou avec toute autre couleur, les décorations corporelles et/ou de vêtements, ou encore d’une voiture (sur la plage arrière, si cela n’éblouit pas, la police fermera les yeux !). À vos fers, donc, mais aussi à vos imaginations. Le circuit que nous vous proposons dans cet article est vraiment universel.




Figure 1 : Le boîtier des diodes “fl ash”, de couleur bleue comme de couleur blanche, est transparent comme le verre et c’est seulement à l’allumage que l’on peut savoir de quel type de LED il s’agit.

La tension sur les LED
Avant de poursuivre, ouvrons une brève parenthèse concernant la chute de tension des diverses LED : nous voulons vous donner toutes les indications vous permettant de calculer la valeur de la résistance qu’il est absolument nécessaire de mettre en série pour limiter le courant consommé et éviter ainsi de détruire la LED immédiatement.
La chute de tension apparaissant aux extrémités d’une LED varie en fonction de sa couleur, comme le montre le tableau ci-dessous (rappelons que, comme pour tous les composants, des tolérances existent) :


Étant donné que toute LED a une chute de tension caractéristique, il est possible de calculer approximativement la valeur de la résistance à monter en série avec la LED, par rapport à la tension d’alimentation, en utilisant cette formule simple :
ohm = (Vcc – Vd) : 0,01  
ohm = la valeur de la résistance à monter en série avec la LED ou les LED, Vcc = la valeur de la tension d’alimentation, Vd = la chute de tension aux extrémités de la LED (si nous en montons deux en série, nous devons doubler la valeur de la chute de tension et si nous en montons trois en série, tripler la valeur de la chute de tension, etc.), 0,01 = soit 10 mA nécessaires pour éclairer une LED avec une luminosité moyenne (pour augmenter la luminosité, vous pouvez lui faire consommer un courant de l’ordre de 0,015 à 0,02 ampère).

Quelques exemples.
Exemple 1 : Nous voulons alimenter une LED verte sous une tension de 9 V et, pour ce faire, nous devons calculer la valeur de la résistance à monter en série. Sachant que la LED verte a une chute de tension de 2 V, la valeur de la résistance à monter en série est de :
(9 – 2) : 0,01 = 700 ohms, soit 680
ohms (valeur normalisée la plus proche). Figure 4.
Avec une résistance de 560 ohms nous aurions une légère augmentation de la luminosité. Cela impliquerait un courant que la formule suivante permet de calculer :
courant en A = (Vcc – Vd) : ohm
(9 – 2) : 560 = 0,012 A, soit 12 mA.
Exemple 2 : Nous voulons alimenter une LED bleue sous une tension de 12 V et, pour ce faire, nous devons calculer la valeur de la résistance à monter en série. Sachant que la LED bleue a une chute de tension de 3 V, la valeur de la résistance à monter en série est de :
(12 – 3) : 0,01 = 900 ohms, soit 820 ohms (valeur normalisée la plus proche).
Avec une résistance de 680 ohms nous aurions une légère augmentation de la luminosité. Cela impliquerait un courant de :
(12 – 3) : 680 = 0,013 A, soit 13 mA.
Exemple 3 : Nous voulons alimenter deux LED bleues montées en série sous une tension de 9 V et, pour ce faire, nous devons calculer la valeur de la résistance à monter en série. Sachant que la LED bleue a une chute de tension de 3 V (et que donc pour deux LED bleues en série cela fait 3 + 3 = 6 V), la valeur de la résistance à monter en série est de :
(9 – 6) : 0,01 = 300 ohms, soit 330
ohms (valeur normalisée la plus proche). Figure 5.
Avec une résistance de 270 ohms, nous aurions une légère augmentation de la luminosité. Cela impliquerait un courant de :
(9 – 6) : 270 = 0,011 A, soit 11 mA.
Nous pourrions même descendre jusqu’à 220 ohms sans encourir le risque de détruire les LED.

Le clignotant à LED bleues
Même si ce circuit a été conçu pour des LED “fl ash” bleues, vous pourrez aussi bien l’utiliser, sans changer les valeurs des composants, avec n’importe quel type de LED, rouges, vertes, etc.
Comme le montre la fi gure 2, pour réaliser ce montage, il faut un circuit intégré IC1 LM358, contenant deux amplifi cateurs opérationnels, deux transistors TR1 et TR3 NPN BC547 et deux autres TR2 et TR4 PNP BC557.
C’est dire si, au cours de la réalisation, il ne faudra pas les confondre !
Les deux amplifi cateurs opérationnels IC1-A et IC1-B sont utilisés comme oscillateurs à très basse fréquence, capables de produire une onde carrée dont la fréquence peut aller de 0,5 Hz à environ 3 Hz. Leurs broches de sortie 7 et 1 pilotent en opposition de phase les deux paires de transistors NPN-PNP (TR1-TR2 et TR3-TR4) aux émetteurs desquels (points AA) vous devrez relier les LED que vous voulez voir clignoter. En tournant le curseur du trimmer R8 d’un bout à l’autre de sa piste, vous ferez varier la fréquence d’environ un éclair toutes les deux secondes à environ trois éclairs par seconde. Nous disons “environ”, car la fréquence dépend beaucoup de la tolérance du condensateur électrolytique de 10 μF C2 relié aux broches d’entrée des deux amplifi cateurs opérationnels. Remarquez bien que les quatre LED de ce circuit s’allument alternativement, c’est-à-dire que DL1 et DL3 s’allument d’abord, puis elles s’éteignent et DL2 et DL4 s’allument à leur tour.
Pour alimenter ce clignotant portatif, on peut utiliser une pile de 9 V ou une batterie fournissant 12 V.
Pour réaliser un clignotant domestique, vous pouvez monter une petite alimentation secteur 230 V capable de fournir une tension stabilisée fi xe comprise entre 9 et 12 V.

La couleur des diodes “flash”
Quand vous aurez en mains une de ces LED “fl ash” bleues, vous serez étonnés de constater que leur boîtier est transparent comme du verre et il en est également ainsi pour les LED “fl ash” blanches.
Par conséquent, c’est seulement en les allumant que vous saurez de quelle couleur elles sont (voir fi gure 1).
Pour en faire l’expérience, prenez une pile de 9 V (ou une tension identique sur une alimentation stabilisée) et une résistance de 560 ohms, puis reliez-les comme le montre la fi gure 4.

La réalisation pratique
Si vous suivez avec attention les fi gures 6a, 7 et 8, vous ne rencontrerez aucun problème pour monter ce clignotant à LED : procédez par ordre pour monter ces quelques composants, sans inverser la polarité des composants polarisés et sans faire en les soudant des courts-circuits entre pistes et pastilles ni des soudures froides collées. Quand vous êtes en possession du circuit imprimé simple face dont la fi gure 6b donne le dessin à l’échelle 1, montez tous les composants comme le montre la fi gure 6a. Placez d’abord les quatre picots d’entrées/sorties puis le support du circuit intégré et vérifi ez que vous n’avez oublié de souder aucune broche. Là encore, ni court-circuit entre pistes ou pastilles ni soudure froide collée. Ôtez l’éventuel excès de fl ux décapant avec un solvant approprié.
Montez alors les cinq résistances, en contrôlant soigneusement leurs valeurs (classez-les d’abord) et le trimmer R8.
Montez le condensateur polyester C3 et les trois électrolytiques en respectant bien la polarité +/– de ces derniers (la patte la plus longue est le + et le – est inscrit sur le côté du boîtier cylindrique).
Montez enfi n les quatre transistors. Montez TR1 et TR3 (BC547), le premier méplat tourné vers TR2 et le second méplat tourné vers R11. Montez TR2 et TR4 (BC557), le premier méplat tourné vers le picot de masse et le second méplat tourné vers TR3. Vérifi ez à deux fois que vous n’avez commis aucune inversion ni aucune erreur d’orientation des méplats repère-détrompeurs.
Il reste à enfoncer dans son support le circuit intégré, repère-détrompeur en U orienté vers C3.
Le montage dans le boîtier Avant d’insérer cette minuscule platine dans son boîtier plastique, reliez un fil rouge pour le positif d’alimentation au deuxième picot en partant du haut et un fil noir pour le négatif (ou masse) au premier picot. Reliez enfi n deux autres fils aux deux picots du bas (AA) pour la connexion aux quatre LED extérieures.
Faites quatre trous sur le côté du boîtier plastique pour le passage de ces fils. Fixez au fond du boîtier la petite platine avec quelques points de colle (silicone par exemple).
Réalisez le petit réseau des LED et de leurs résistances : respectez bien la polarité des LED (la patte la plus longue est l’anode +). Pour qu’elles s’allument alternativement par paires, vous devez relier les cathodes des deux LED à un fil et les cathodes des deux autres LED à l’autre fil, comme le montre la fi gure 6a. Vous pourrez ensuite placer les LED de façon à les faire s’allumer par paire, mais les deux de droite puis les deux de gauche ou bien les deux internes puis les deux externes.
Reliez ce réseau à la sortie AA, donnez l’alimentation aux fils rouge et noir (respectez la polarité de la pile ou de la sortie de l’alimentation secteur 230 V).
Cela marche du premier coup si vous avez bien suivi nos indications. Réglez la fréquence des éclairs à volonté en jouant sur le curseur de R8. Fermez le couvercle du boîtier plastique.

Figure 2 : Schéma électrique du clignotant. Notons que les transistors TR1 et TR3 sont des NPN et les transistors TR2 et TR4 sont des PNP.

Liste des composants
R1 = 10 kΩ
R2 = 10 kΩ
R3 = 560 Ω
R4 = 560 Ω
R5 = 560 Ω
R6 = 560 Ω
R7 = 10 kΩ
R8 = 10 kΩ trimmer
R9 = 1 kΩ
R10 = 10 kΩ
R11 = 10 kΩ
C1 = 100 μF électrolytique
C2 = 10 μF électrolytique
C3 = 100 nF polyester
C4 = 100 μF électrolytique
DL1 = LED bleue
DL2 = LED bleue
DL3 = LED bleue
DL4 = LED bleue
TR1 = NPN BC547
TR2 = PNP BC557
TR3 = NPN BC547
TR4 = PNP BC557
IC1 = intégré LM358

Divers :
1 boîtier plastique câblerie


Figure 3 : Souvenez-vous que la patte la plus longue d’une LED est l’anode + et la plus courte la cathode –.

Figure 4 : Pour alimenter une LED verte avec une tension de 9 V, il est nécessaire de mettre en série une résistance de 680 ohms ou 560 ohms (voir 1° exemple).

Figure 5 : Pour alimenter deux LED bleues en série en utilisant une tension de 9 V, il est nécessaire de mettre en série une résistance de 270 ohms (voir 3° exemple).

Figure 6a : Schéma d’implantation des composants du clignotant utilisant des LED “fl ash” bleues. Ces diodes peuvent être remplacées par des LED de couleurs différentes. Nous vous rappelons que les transistors de gauche TR1 et TR3 sont des NPN BC547, tandis que ceux de droite TR2 et TR4 sont des PNP BC557.

Figure 6b-1 : Dessin, à l’échelle 1, du circuit imprimé du clignotant à LED, côté composants.

Figure 6b-2 : Dessin, à l’échelle 1, du circuit imprimé du clignotant à LED, côté soudures.

Figure 7 : Photo d’un des prototypes de la platine du clignotant à LED. Quand vous brancherez la tension d’alimentation de 9 ou 12 V aux deux picots du haut, prenez bien garde de ne pas intervertir les deux fils d’alimentation positif (rouge+) et négatif (noir–).

Figure 8 : Montage dans le boîtier plastique de la platine du clignotant à LED.
Vous n’avez que quatre trous à faire sur le côté pour laisser passer les fils d’alimentation et de sortie vers les LED.

Figure 9 : Brochages du circuit intégré LM358 vu de dessus et des transistors BC547 et BC557 vus de dessous, soit du côté où sortent les pattes.

Figure 10 : En utilisant des LED “fl ash” blanches, on peut réaliser de puissantes torches, car la lumière émise par ces LED est presque aussi intense que celle d’un petit “fl ash”.


Figure 11 : Aux points AA du schéma électrique de la fi gure 2, vous pouvez appliquer quatre LED ou bien même huit, sans changer la valeur de la résistance en série avec chaque diode.


Figure 12 : Si vous souhaitez mettre deux LED en série sur chaque branche, vous devez réduire la valeur des résistances R3, R4, R5 et R6 à 270 ohms, comme le montre la fi gure 5.

Conclusion
La réalisation de ce “gadget”, pouvant toutefois trouver une utilité dans un très large domaine, vous aura permis d’apprendre à calculer la valeur de la résistance série en fonction de la couleur de la LED, de la tension d’alimentation et du groupement en série de x LED.

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