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Un détecteur de micros espion ou autres appareils émettant des radiofréquences

Ce petit récepteur sensible et performant est capable de capter des émissions radiofréquence de faible puissance sur une vaste gamme comprise entre quelques mégahertz et jusqu’à environ un gigahertz. Il s’avérera très utile pour “assainir” les lieux suspectés d’être sous surveillance radio.

Aujourd’hui comme hier, les curieux ne manquent pas et les professionnels de l’espionnage s’en donnent à cœur joie. La moindre information peut devenir capitale dans la bataille (doit-on dire la guerre ?) que se livrent chaque jour les industries de pointe, mais également les entreprises, fussent-elles des micro-entreprises.

Les espions forment une véritable armée qui, si elle ne possède pas d’armes mortelles (au sens humain mais certainement pas au sens industriel), dispose, au moins, des instruments pour gâter la sérénité et la tranquillité des personnes, des familles, des entreprises et de la communauté en général.

Si, dans un passé encore proche, les micros espion étaient de fantastiques objets que l’on ne pouvait voir que dans les films de James Bond, aujourd’hui, ils sont à la portée technique et financière de tout un chacun. Si, par certains côtés, cette démocratisation de la technologie est une bonne chose, de l’autre cela peut devenir un important problème, surtout si les “micros espion”, pour ne citer qu’eux, sont mis dans les mains de quelqu’un qui pourrait en faire un usage illégal en ne résistant pas à la tentation de s’immiscer dans les affaires d’autrui.

Heureusement, chaque avancée technologique, surtout si elle peut être dangereuse pour votre entreprise ou pour le secret de votre vie privée, fait naître une “contre technologie” en mesure de vous protéger. L’important est bien entendu de connaître et de savoir utiliser ces moyens de protection. L’espionnage et le contre-espionnage.

Sans ces connaissances et si vous pensez être surveillé, ou pour le moins “susceptible de l’être”, pour vous défendre des espions toujours plus nombreux et toujours plus aguerris, il ne vous reste que peu de possibilités. Vous pouvez, chaque matin, en arrivant au bureau, et chaque soir, en rentrant chez vous, inspecter partout, sous les tables, dans le téléphone ou la télévision, sous les tapis, dans les lampes.

Vous pouvez également rester silencieux, ou parler à voix basse, ne pas téléphoner, ou murmurer seulement.

Si l’on exclut ces possibilités vraiment peu pratiques, il ne reste plus qu’à passer à la contre-attaque, en se dotant d’un appareil capable de détecter la présence de ces espions électroniques.

Dans cet article, nous proposons un détecteur de micros espion qui vous montrera comment il est facile de se défendre de l’espionnage indésirable.

Le schéma de la figure 1 présente un dispositif très simple, qui se réalise à peu de frais et dont la fabrication est peu critique. Il est adapté à la détection des émetteurs de faible puissance, qui peuvent être dissimulés dans votre environnement et qui émettent sur des fréquences comprises entre quelques mégahertz et pratiquement 1 gigahertz.

Il s’agit, en fait, d’un récepteur large bande dont nous allons immédiatement analyser le schéma.

Analyse du schéma(figure 1)
Commençons par diviser le schéma en sous-ensembles.

Le premier étage, celui relié à l’antenne réceptrice, est un amplificateur détecteur.

Le second est un amplificateur différentiel disposant d’un filtre. Le troisième étage est un oscillateur modulé en fréquence. Le quatrième et dernier étage est composé d’un buzzer à tonalité modulée.

Le circuit d’entrée du récepteur capte les ondes radio, par l’intermédiaire d’une antenne fouet (matérialisée dans le prototype par un morceau de fil émaillé de 10/10 monté verticalement).

Ces ondes se retrouvent sur le condensateur C10 qui les transmet à la base du transistor T1.

Les diodes D1 et D2 écrêtent les signaux en les maintenant à plus ou moins 0,6 volt afin d’éviter la saturation du transistor.

Ce dernier amplifie le signal et procède à une détection en utilisant une méthode qui consiste à un redressement simple alternance, par l’intermédiaire d’une diode (D3). Dans ce cas, il s’agit d’une diode haute fréquence.

Un simple filtre à résistance et condensateur (R/C), composé par R8 et C2, permet de récupérer le signal modulant, en fait, la basse fréquence portée par la radiofréquence captée par l’antenne.

D1 et D2 sont choisies dans la gamme de produits capable de commuter une fréquence de plusieurs centaines de mégahertz. Si ce n’était pas le cas, leur capacité parasite et leur vitesse de commutation seraient telles qu’elles conduiraient pratiquement en permanence, affaiblissant la haute fréquence et réduisant fortement la sensibilité de l’appareil.

L’amplificateur opérationnel U1a (1/4 de LM324), qui reçoit la composante détectée par la cathode de D3 à travers R6, apporte un gain déterminé par la cellule de contre-réaction négative composée de R9 et R7.

Toutefois il faut noter qu’en réalité C4 reçoit également le signal haute fréquence venant du premier étage, mais non détecté, donc compor tant des valeurs positives et négatives. Si ce signal est bien filtré par le condensateur C3 (qui, avec R7, forme un filtre passe-bas), il aura un certain effet sur ce qui sort de la broche 8 de U1a.

En définitif, U1a est configuré comme un amplificateur différentiel et sert, non seulement à augmenter le niveau de la partie détectée par D3 (environ 200 fois : les signaux captés par l’antenne sont toujours de l’ordre de quelques dizaines ou centaines de microvolts), mais aussi à augmenter l’efficacité de la détection à simple alternance.

Les condensateurs C3 et C5 assurent une parfaite propreté de la tension du signal basse fréquence en éliminant les résidus de haute fréquence.

Le signal issu de la broche 8 de U1a atteint l’entrée du troisième étage : l’oscillateur modulé. Celui-ci est constitué par les trois amplificateurs opérationnels restant disponibles dans le circuit intégré U1 (le classique LM324) et sert, en substance, à produire un signal permettant de piloter le buzzer.

Cet étage produit un signal modulé, dont la tonalité change en fonction de l’intensité du champ du signal reçu.

Sans entrer dans les détails, disons qu’il s’agit d’un circuit comparateur dont le fonctionnement est basé sur la charge progressive et la décharge rapide de C7 et que l’on peut expliquer de la manière suivante.

La broche 6 de U1b reçoit une tension continue avec laquelle C7 est chargé, cela fait descendre progressivement la tension à la sortie (broche 7), faisant commuter U1c. La broche 1 de ce dernier passe de zéro au niveau haut, permettant la saturation de T2, celuici, étant conducteur, décharge à la masse C7 à travers R12 et met la broche 6 de U1b à la masse.

Sur le comparateur U1c, la broche 2 reçoit la tension de la broche 7 repassée au niveau haut, ceci suffit à le faire commuter et sa sortie passe à l’état bas. Le transistor T2 est alors bloqué, le condensateur C7 se charge lentement à travers R10 et un nouveau cycle recommence.

Cela conduit à un phénomène périodique qui permet la production d’un signal rectangulaire sur la broche 12 de U1d. Ce dernier, monté en simple étage tampon, retransmet le signal de l’entrée sur sa sortie et à travers le condensateur C8 sur la base du transistor T3 qui l’amplifie pour pouvoir piloter le transducteur piézo BZ auquel est confié le soin de générer le signal acoustique.

Observez la façon dont l’oscillateur est câblé. Il est facile de moduler la fréquence de travail en faisant varier l’amplitude de la tension détectée, grâce au câblage particulier de ses entrées.

En fait, U1b est configuré comme amplificateur sommateur/intégrateur et la portion de signal basse fréquence sur son entrée “–” (broche 5) appliquée par de diviseur R11/R13 provoque le déplacement du potentiel présent au repos sur la broche 7. Ainsi, plus celui-ci est élevé, plus la fréquence d’oscillation est élevée (car il faut moins de temps pour atteindre le seuil de basculement du comparateur U1c) et vice-versa, plus il est bas (amplitude plus faible de la BF détectée) plus la fréquence baisse (car il faut un intervalle plus long pour faire basculer U1c).

Résumons. A un signal radio très fort, correspond une tonalité aiguë, qui devient de plus en plus grave au fur et à mesure que le signal radio diminue.

Normalement, au repos et en absence de signaux significatifs, le buzzer doit rester silencieux ou, à la limite, émettre un signal de tonalité très basse.

Le montage est alimenté par une pile de 9 volts ou une petite alimentation de 9 à 12 volts. L’alimentation est appliquée entre les points +V (positif) et –V (négatif ou masse).

Abandonnons à présent la description du schéma pour passer à la réalisation pratique.

Figure 1 : Schéma électrique du détecteur de micros espion.

Liste des composants
R1 : 39 kΩ
R2 : 100 kΩ
R3 : 470 Ω
R4 : 22 Ω
R5 : 4,7 kΩ
R6 : 1 kΩ
R7 : 4,7 kΩ
R8 : 1,5 kΩ
R9 : 1 MΩ
R10 : 100 kΩ
R11 : 18 kΩ
R12 : 47 kΩ
R13 : 47 kΩ
R14 : 10 kΩ
R15 : 1 kΩ
R16 : 100 kΩ
R17 : 10 kΩ
R18 : 10 MΩ
R19 : 10 kΩ
R20 : 10 kΩ
R21 : 10 Ω
C1 : 100 nF multicouche
C2 : 100 nF multicouche
C3 : 10 nF polyester
C4 : 10 nF polyester
C5 : 10 nF polyester
C6 : 100 nF multicouche
C7 : 10 nF céramique
C8 : 2,2 μF 100 V chimique
C9 : 220 μF 25 V chimique
C10 : 47 pF céramique
D1 : Diode 1N4148
D2 : Diode 1N4148
D3 : Diode BAT29
T1 : Transistor NPN BC547B
T2 : Transistor NPN BC547B
T3 : Transistor NPN BFR90
U1 : Ampli op. LM324
BZ : Buzzer sans oscillateur

Divers :
- Support 14 broches
- Bornier deux plots
- Coupe de fil émaillé 10/10 (antenne)
- Circuit imprimé réf. L028

Réalisation pratique
Réalisez le circuit imprimé par votre méthode habituelle, le dessin des pistes est représenté à l’échelle 1/1.

Votre circuit imprimé en main, passez au montage des composants en commençant par les résistances et les diodes, en respectant la polarité de celles-ci (il faut se rappeler que la cathode est repérée par une bague de couleur).

Montez ensuite le support pour le circuit intégré LM324 à orienter suivant le sens indiqué sur le schéma d’implantation des composants.

Poursuivez par le montage des condensateurs, en respectant la polarité des condensateurs électrolytiques dont la patte positive est plus longue que la négative.

Insérez les transistors dans le sens indiqué sur le schéma d’implantation des composants, puis soudez le transducteur piézo BZ. Ce dernier est une simple pastille piézo, il est dépourvu d’oscillateur interne.

Il ne reste plus qu’à monter un bornier à 2 plots prévu pour recevoir les fils de l’alimentation.

Pour l’antenne, soudée à l’emplacement marqué ANT, il suffit d’utiliser un morceau de fil de cuivre rigide d’environ 20 cm.

Insérez le LM324 dans son support en faisant attention à son repère-détrompeur en U dirigé vers le buzzer.

Le montage est prêt pour l’utilisation. 

Branchez une pile 9 volts sur le bornier afin de procéder à quelques essais. Il est recommandé d’installer le montage dans un petit coffret en plastique comportant un logement pour la pile.

Figure 2 : Schéma d’implantation des composants du détecteur de micros espion.

Figure 3 : Circuit imprimé à l’échelle 1 du détecteur de micros espion.

Notre détecteur de micros espion est, somme toute, très simple. Il se réalise à peu de frais et son montage, peu critique, est adapté à la détection des émetteurs faibles (ou puissants, qui peut le plus peut le moins !) situés dans un périmètre de quelques dizaines de mètres et opérant sur des fréquences comprises entre quelques MHz et 1 GHz. Il s’agit en fait d’un récepteur large bande à quatre étages. Le premier, celui relié à l’antenne réceptrice, est un amplificateur détecteur, le second un amplificateur différentiel avec un filtre, le troisième un oscillateur modulé en fréquence et le dernier est composé d’un buzzer à tonalité modulée produisant un son dont la tonalité change en fonction de l’intensité du champ électromagnétique reçu.

Utilisation du détecteur de micros espion
Ce détecteur a été conçu pour permettre à chacun de vérifier, dans sa maison, au bureau ou à proximité et même dans sa voiture, la présence d’un ou plusieurs micros espion opérant via radio. Le principe de fonctionnement est simple et se base sur la recherche d’émissions radio produites par des oscillateurs ou par des dispositifs similaires. Notre appareil n’est autre qu’un récepteur non accordé mais capable de détecter les ondes électromagnétiques dans une bande de fréquence s’étalant de quelques MHz à environ 1 GHz, avec une sensibilité suffisante pour intercepter des signaux de puissance assez faible (quelques centaines de milliwatts). L’utilisation est assez simple, même si elle requiert un minimum de connaissance de la propagation des ondes radio.

Une fois allumé le détecteur de micros espion, il suffit d’observer comment se comporte le buzzer, en fait, s’il est silencieux ou s’il produit un son. Dans le premier cas, évidemment, il ne capte aucun émetteur. Par contre, dans le second cas, c’est qu’il y a un signal radio à proximité. En se déplaçant dans toutes les directions, il est possible de déterminer d’où provient ce signal, en cherchant à se rapprocher du lieu où l’on note une variation décisive de tonalité.

Clairement, de par sa nature, notre détecteur de micros espion peut recevoir toutes sortes de transmissions. Pourtant, il faut savoir faire la distinction entre les réceptions normales et les réceptions suspectes.

Si, par exemple, vous avez un téléphone GSM allumé posé sur la table, il est probable que la cause de la détection soit sa connexion au réseau de votre fournisseur. En effet, un téléphone portable allumé signale, à intervalles réguliers, sa présence sur ce dernier. Il suffit de l’éloigner ou de l’éteindre et d’écouter à nouveau si une autre source est détectée.

Le même cas peut se produire pour d’éventuels appareils radio HF, VHF ou UHF, lesquels, actionnés par quelqu’un à proximité, pourraient, en raison de la puissance rayonnée, occasionner de fausses alarmes. Attention également si vous avez une installation d’alarme dotée de détecteurs P.I.R. (capteurs infrarouges) dont la transmission de détection s’effectue par radio.

En effet, ces derniers détectent en permanence la présence de personnes passant dans leur champ de surveillance et transmettent leur alarme à la centrale, produisant alors un signal radio intermittent que notre récepteur captera sans difficulté. Pour conclure, il faut donc chercher tous les appareils qui pourraient rayonner des champs électromagnétiques et les mettre hors tension le temps de la recherche d’émissions indésirables.


La mise au point
Si vous disposez d’un petit émetteur qui fonctionne entre quelques dizaines de MHz et 1 GHz, allumez-le. Si vous approchez le détecteur de micros espion de votre émetteur, vous constaterez que le buzzer émet une tonalité de fréquence de plus en plus aiguë, au fur et à mesure que vous vous rapprochez.

L’essai peut également être réalisé avec un téléphone portable, en composant un numéro comme pour effectuer un appel, dans ce cas le buzzer doit émettre une note discontinue, modulée au rythme des trains d’impulsions transmis par l’antenne. Naturellement l’intensité de la variation de tonalité sera proportionnelle à la distance du téléphone.

De la façon dont le détecteur de micros espion est conçu, il est en mesure de détecter, dans un périmètre de quelques dizaines de mètres, la présence de micros espion ayant une puissance de quelques centaines de milliwatts.

Néanmoins, tout dépend de l’antenne et de sa localisation.

Toutefois, lorsqu’on s’approche de la source de l’émission radio, le buzzer doit en signaler la présence de façon significative.

Si vous voulez obtenir de meilleures prestations, il faut personnaliser l’antenne en l’adaptant aux fréquences les plus communément utilisées, comme, par exemple, utiliser une antenne télescopique de laquelle vous pourrez faire varier la longueur afin d’optimiser la réception.

De toute façon, sachez que pour les micros espion opérant en FM la longueur utile est de 75 cm, pour ceux opérant en UHF à 400 MHz et plus, elle est réduite à environ 20, 25 cm. La même longueur convient pour des fréquences jusqu’à 1 GHz.

Si vous optez pour l’antenne télescopique, il faut la relier au circuit imprimé en utilisant un petit morceau de fil le plus court possible.

Notre prototype terminé. Il convient à présent de le pourvoir d’une alimentation 9 volts et d’une antenne.

Où trouver les composants
Le dessin du circuit imprimé ainsi que la liste des composants étant fournis, aucun composant spécial n’étant nécessaire, vous pouvez vous approvisionner auprès de votre fournisseur habituel. Le circuit imprimé seul ou un kit complet sont également disponibles.

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